Allocation des poumons de donneurs en Europe et aux États-Unis : à chacun sa sauce !

Depuis 2005, un système appelé Lung Allocation Score (LAS) régit aux États-Unis l’attribution des poumons aux receveurs en liste d’attente, remplaçant le système précédemment en vigueur basé sur l’ancienneté d’inscription sur liste. Le LAS est un système national qui prend en compte à la fois le risque de décès sur liste et le bénéfice de survie attendu pour un patient donné selon sa gravité et sa pathologie. R. Kotloff (Philadelphie, États-Unis) a rappelé que ce système a permis de diminuer la durée d’attente sur liste ainsi que la mortalité, les patients les plus graves pouvant avoir un accès plus rapide à la greffe. Néanmoins, après une satisfaction initiale, il s’est avéré que certaines pathologies, notamment, les maladies vasculaires pulmonaires restaient mal prises en compte par le score qui était de ce fait source d’une non-équité par rapport aux autres pathologies. On observe maintenant une réascension de la mortalité postopératoire liée au fait que le système favorise la transplantation des patients les plus graves qui sont aussi ceux avec de moins bons résultats de survie postopératoire. Un autre problème associé au LAS est qu’il est fondé sur la balance risque de décès sur liste/survie post-transplantation à un an, ce qui n’est probablement pas un recul suffisant. Le système d’allocation pulmonaire en Europe a été passé en revue par G. Thabut (Paris, France). La situation est loin d’être homogène. Deux systèmes sont en vigueur : les organisations transnationales (Eurotransplant, Scandiatransplant) et les systèmes nationaux (France, Italie, Espagne, Grande-Bretagne, Portugal). Au sein d’Eurotransplant (Allemagne, Autriche, Benelux), l’Allemagne et les Pays-Bas se distinguent en ayant adopté le score LAS (système national) alors que l’allocation est basée sur les centres en Autriche et en Belgique. C’est également ce type d’organisation basée sur les centres qui reste adoptée dans les pays à organisation nationale. Dans tous les pays où l’organisation est basée sur les centres, un système d’urgence (priorité nationale) a été mis en place selon des critères différents. La BPCO est, par exemple, exclue de la priorité nationale en France alors que ça n’est pas le cas en Grande-Bretagne. L’Europe de la transplantation pulmonaire reste donc à inventer.

 

 


Hervé Mal d’après les communications de R. Kotloff et de G. Thabut
Session D3 Ethical issues in the supply and allocation of transplantable lungs

 

 

 

 

 

 


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