Dépistage du cancer bronchopulmonaire : what about « significant incidental findings » ?

 

Le dépistage du cancer bronchopulmonaire par scanner basse dose est aujourd’hui une réalité aux États-Unis. Sa diffusion sur le territoire est lente et hétérogène, avec une adhésion plus faible qu’attendu des fumeurs au programme. Le dépistage permet aussi de mettre en évidence des anomalies incidentes significatives.

Des anomalies incidentes significatives sont très fréquentes lors du dépistage. Par exemple, certaines séries rapportent de l’emphysème ou de calcifications coronariennes chez plus de 60 % des sujets explorés. Ces anomalies peuvent être classées en plusieurs catégories :

  1. anomalies pleuro-parenchymateuses (emphysème, anomalies interstitielles débutantes, pneumopathies interstitielles liées au tabac, infections chroniques, plaques pleurales…),
  2. anomalies cardiovasculaires (calcifications coronariennes, anévrisme de l’aorte, calcifications de l’anneau aortique, séquelles d’infarctus, augmentation du calibre du tronc de l’artère pulmonaire…),
  3. anomalies liées au syndrome métabolique (hors anomalies vasculaires) et à l’obésité (stéatose, ostéoporose, sarcopénie…),
  4. adénopathies médiastinales et hilaires,
  5. cancers incidents (cancer du sein [avec un intérêt de décrire la densité de la glande mammaire], de l’œsophage…),
  6. incidentalomes vrais (pulmonaires, médiastinaux, thyroïdiens, sous-diaphragmatiques…).

La découverte de ces anomalies génère souvent des explorations complémentaires diagnostiques ayant un coût non négligeable. Elles doivent être décrites dans le compte rendu radiologique et une réflexion est en cours pour une standardisation de leur description. Inversement, ces anomalies incidentes significatives sont aussi l’opportunité de découvrir précocement certaines maladies, en premier lieu la BPCO. On attend aujourd’hui beaucoup des techniques d’intelligence artificielle pour aider le radiologue à suivre les cadences de lecture et pour prédire l’évolution de la BPCO, à partir du scanner de dépistage.


Pierre-Yves Brillet, service de radiologie, hôpital Avicenne, Bobigny

 

D’après les posters présentés lors de la Session C30 Lung Cancer Screening : Lessons From The Front-Line. Am J Respir Crit Care Med 2019 : 199.

 


Retour au sommaire

 

© iSPLF – Mission ATS – MAI 2019