Enfin un médicament efficace dans le traitement du syndrome d’apnées obstructives au cours du sommeil

 

Alors qu’aucun médicament n’avait fait preuve d’efficacité jusqu’à lors dans le traitement du syndrome d’apnées obstructives au cours du sommeil (SAOS), une nouvelle association thérapeutique semble apporter des résultats très prometteurs.

Taranto et l’équipe de Boston ont publié récemment1 les résultats d’une étude pilote au cours de laquelle 20 patients porteurs d’un SAOS ont bénéficié successivement, dans le cadre d’un cross over en double aveugle, de deux nuits de polysomnographie en étant traités soit par placebo, soit par l’association de 80 mg d’atomoxetin (noradrenergique) et 5 mg d’oxybutynin (antimuscarinique). Ils ont ainsi pu démontrer une réduction de 63 % des évènements respiratoires nocturnes sous l’effet du traitement, l’index d’apnées hypopnées (IAH) passant de 28,5/h (10,9 – 51,6) à 7,5/h (2,4 – 18,8). Néanmoins, compte tenu de la persistance d’un IAH > 10/h chez un tiers des patients, ils ont complété cette étude en analysant les traits phénotypiques de 14 patients ayant pu bénéficier simultanément d’un enregistrement de la pression œsophagienne au cours des deux polysomnographies, afin de tenter de mettre en évidence des facteurs prédictifs de réponse à cette nouvelle thérapeutique. Ce sont ces résultats qui ont été présentés lors d’un symposium dédié à l’apport de la physiopathologie des voies aériennes supérieures à la mise au point de nouvelles thérapeutiques du SAOS, en utilisant des techniques modernes d’exploration de la collapsibilité des voies aériennes supérieures. La réduction significative du seuil d’éveil de 2,7 [1,3 – 5,3] cmH2O (p = 0,017) et du contrôle ventilatoire (loop gain) de 11 % [2 to 27] (p = 0,033) sous l’effet du traitement permettent d’expliquer l’augmentation de la réactivité musculaire du génioglosse, avec un effet d’autant plus important que la collapsibilité des voies aériennes est peu élevée, et que les troubles respiratoires nocturnes sont représentés par des hypopnées.

Ces résultats confirment l’importance de l’évaluation phénotypique du SAOS et laissent entrevoir des perspectives thérapeutiques médicamenteuses permettant d’éviter le recours au traitement par pression positive continue.


Jean-Claude Meurice, service de pneumologie, CHU de Poitiers

D’après la communication (A4028) présentée dans la session B97 “SRN : upper airway pathophysiology and treatment in sleep disordered breathing ?”du 20 mai 2019, par L. Taranto (Boston – États-Unis).


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© iSPLF – Mission ATS – MAI 2019

  1. Am J Respir Crit Care Med 2019 ; 199 ; 1267-76.