Un peu de respect pour les anciens ! Pour les mutés EGFR au moins…

 

On le voit quotidiennement en routine, les patients présentant une mutation de l’EGFR ont des meilleurs taux de réponse et des survies sans progression (PFS) prolongées. Les traitements de type inhibiteur de tyrosine kinase (TKI), même de première génération, sont efficaces chez ces patients. Cependant, pour les mutations plus rares, les données sont éparses, en particulier chez les sujets âgés. Le but de cette étude est d’évaluer si l’âge des patients peut influencer la réponse aux TKI en cas de mutations rares.

Une étude rétrospective taïwanaise a inclus, entre 2009 et 2017, des patients présentant un adénocarcinome pulmonaire métastatique avec une mutation rare de l’EGFR (exon 18, 20, 21, ou mutations sur sites multiples).

Sur les 3 000 patients porteurs d’une mutation EGFR, 67 présentant une mutation rare ont été inclus : 31 âgés de moins de 65 ans, 26 âgés de plus de 65 ans. Dans le groupe le plus jeune, on retrouvait une répartition classique des sexes chez les mutés EGFR : 70 % de femmes et 30 % d’hommes. Par contre, les patients plus âgés étaient plus souvent des hommes (62 %). Leur performans status (ECOG) était plus souvent supérieur ou égal à 2 (46 % contre 19 % chez les sujets jeunes). La plupart des patients avaient des mutations osseuses, pulmonaires ou pleurales et la majorité était traitée par gefinitib (48 et 62 %) ou par afatinib (35 et 23 %) et, enfin, par erlotinib (16 et 15 %). Les patients âgés avaient une PFS plus prolongée que les patients jeunes (10,5 vs 5,5 mois, p = 0,0320). La survie globale ne différait pas entre les groupes. Après ajustement sur le sexe, l’histoire tabagique, le performans status, le nombre de sites métastatiques, le site de la mutation EGFR et le type de TKI utilisé en première ligne, un âge supérieur à 65 ans demeurait un facteur de bon pronostic pour la PFS (HR = 0,28).

Cette étude de petit effectif a montré que les patients de plus de 65 ans avec une mutation rare de l’EGFR pourraient avoir un meilleur pronostic que les mêmes patients plus jeunes. Ces résultats méritent d’être étendus afin de pouvoir proposer des TKI à cette population, même en cas de mutations rares et même devant un état général altéré.


Marion Ferreira, service de pneumologie, CHRU Bretonneau Tours

D’après le poster 71, Elder patients with stage IV lung adenocarcinoma harbouring rare EGFR mutations treated with a first-line tyrosine kinase inhibitor might have better outcome than younger patients (A3938).


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