Avant la chirurgie, passage obligatoire par la réhabilitation respiratoire ?


La résection chirurgicale est le traitement de référence des formes localisées de carcinome bronchopulmonaire. Toutes procédures confondues, jusqu’à 15 % de patients présentent des complications respiratoires postopératoires qui prolongent la durée de séjour, y compris en unité de soins intensifs, augmentent le nombre de réadmissions à l’hôpital et réduisent la survie. Or la capacité d’exercice est un facteur prédictif indépendant du risque de complications respiratoires postopératoires.

L’efficacité de la réhabilitation respiratoire n’est pas encore fermement établie dans cette indication.

Les auteurs australiens de ce poster ont réalisé une méta-analyse des quatre derniers essais randomisés publiés (Benzo 2011, Pehlivan 2011, Morano 2013, Lai 2017). Elle poole ainsi les données de 167 patients. Ils ont par contre bénéficié de programmes de réhabilitation différents ce qui pourrait induire un biais.

Le bénéfice de la réhabilitation respiratoire préopératoire est extrêmement net :

– L’odds ratio du risque de complications respiratoires postopératoires après réhabilitation respiratoire est de 0,33 [0,17-0,61]. La réhabilitation respiratoire réduit de 67 % le risque de complications respiratoires postopératoires. Il faut 4 patients réhabilités pour éviter une complication.

– La durée d’utilisation du cathéter intercostal est réduite de 3,3 [1,3-5,3] jours.

– La durée d’hospitalisation des patients ayant bénéficié d’une réhabilitation respiratoire est également significativement inférieure de 4,2 [3,1-5,4] jours.

Ces résultats très positifs devraient inviter les praticiens à commencer une réhabilitation respiratoire avant la résection chirurgicale qui pourrait se poursuivre après. Les délais que cela impose doivent faire réfléchir à des programmes novateurs de réhabilitation respiratoire pour augmenter les capacités de prise en charge, par exemple à domicile, en salle de sport ou encore en salle municipale. Il faut malgré tout souligner qu’en peropératoire, l’efficacité de la réhabilitation respiratoire a été démontrée avec des programmes proposant un haut niveau d’encadrement et d’exercice.


Marjolaine Georges, CHU Dijon Bourgogne, Dijon

D’après Granger CL AJRCCM 195 : A 4281
Session B 74 Pulmonary rehabilitation for non-COPD diagnoses


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