BPCO et benzodiazépines : du dodo… mais des exacerbations à gogo !

Cette étude rétrospective canadienne montre que la majoration de l’hypercapnie n’est pas le seul effet indésirable à redouter lors de l’introduction d’un traitement par benzodiazépine chez un patient âgé atteint de BPCO…

Voziris et coll. ont analysé la base de données de la Sécurité sociale de l’Ontario (Canada) de 2003 à 2010. Ils ont extrait 17 7335 patients âgés de plus de 65 ans et atteints de BPCO, puis ils se sont intéressés aux prescriptions de benzodiazépines et aux éventuelles complications respiratoires dans les 30 jours suivant l’introduction de ce traitement.

Sur ces 177 355 patients, une nouvelle prescription de benzodiazépines a été réalisée chez 50 358 (28,4 %). Les auteurs ont pu apparier deux groupes de 48 000 patients atteints de BPCO avec et sans nouvelle prescription de benzodiazépines. Deux complications respiratoires étaient clairement augmentées dans les 30 jours suivant l’introduction de l’anxiolytique : les exacerbations de BPCO gérées en ambulatoire (RR = 1,45 ; IC95 % 1,36-1,54) ; et les passages aux urgences pour BPCO ou pneumonie (RR = 1,92 ; IC95 % 1,69-2,18).

En conclusion, chez les patients âgés atteints de BPCO, il faut bien peser l’indication d’un traitement par benzodiazépine, celui-ci pouvant majorer le risque d’exacerbation ou de pneumonie.

 

 

 


Stéphane Jouneau d’après la communication de N.T. Vozoris (Toronto, Canada), et al. Poster A2877, Adverse Respiratory Outcomes And Benzodiazepine Drug Use Among Older Adults With COPD : Associations With COPD Severity And Benzodiazepine Half-Life Type Receipt
Session B39 : COPD exacerbations : precipitating factors, prevention, and outcome

Vozoris NT, et al. Eur Respir J 2014 Apr 17 (paru en ligne avant impression)

 


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