BPCO et simvastatine : la grande déception…

Cette étude nord-américaine devait inclure 1 200 patients atteints de BPCO posttabagique modérée à très sévère pour un suivi de 1 à 3 ans. Elle a finalement été interrompue plus précocement car négative sur tous les critères de jugement. Les patients inclus ne devaient pas avoir de diabète ni d’indication à un traitement par statines, notamment pas de comorbidités cardiovasculaires. Au final, 885 patients ont été inclus avec un âge moyen 62 ± 8 ans et un VEMS moyen de 42 ± 18 % de la théorique ; 433 patients dans le bras simvastatine (40 mg/j) et 452 dans le bras placebo. Le taux annuel d’exacerbation était identique dans les 2 bras : 1,36 ± 1,61 dans le groupe simvastatine versus 1,39 ± 1,73 dans le groupe placebo, p = 0,54. Les critères secondaires de jugement étaient également tous négatifs : pas d’allongement du temps jusqu’à la prochaine exacerbation (respectivement 223 versus 231 jours, p = 0,34), pas de différence en termes de sévérité des exacerbations, pas d’amélioration des EFR, pas d’amélioration de la qualité de vie (questionnaire respiratoire St Georges). En revanche, chez ces patients au bilan lipidique normal en début d’étude, les taux de cholestérol total, LDL cholestérol et triglycérides diminuaient significativement dans le bras simvastatine.

En conclusion, dans cette population très sélectionnée, la simvastatine n’a pas montré d’effet sur la prévention des exacerbations de BPCO.

 

 

 


Stéphane Jouneau d’après la communication de G.-J. Criner (Boston, États-Unis), et al. Publication A6563 : Prospective Randomized Placebo-Controlled Trial Of SimvaSTATin In The Prevention Of COPD Exacerbations (STATCOPE)
Session A19 : Late breaking abstracts in clinical trials

 

 

 

 

    


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