Comment améliorer le pronostic des patients atteints de DDB ?

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L’incidence des dilatations des bronches (DDB) non mucoviscidosiques (non CF) est en augmentation et d’importants efforts sont actuellement menés pour mieux comprendre cette pathologie hétérogène et notamment déterminer les facteurs pouvant favoriser la progression accélérée de la maladie chez certains patients.

Dans une étude prospective écossaise portant sur 494 patients atteints de DDB non CF, T. Fardon, et al. (de l’équipe écossaise de J.-D. Chalmers) ont cherché à identifier les facteurs de risque « modifiables » d’un déclin fonctionnel accéléré et à évaluer l’impact du déclin du VEMS sur le pronostic des patients atteints de DDB non CF inclus dans le registre TAYBRIDGE et suivis entre 2012 et 2015.

Il s’agissait de DDB modérées ou sévères (scores BSI/FACED), idiopathiques dans 44 % des cas, avec un âge moyen de 65 ans, une prédominance féminine (60 %), une mortalité de 9 %, un taux d’exacerbations sévères de 20,6 % au cours du suivi (2,1 exacerbations/an en moy.) et 12,8 % de patients colonisés à Pseudomonas. Le suivi annuel des EFR montrait une stabilité ou une amélioration du VEMS chez 85 patients et un déclin chez 409 patients, le déclin moyen du VEMS étant de 37 ml/an.

En analyse univariée, les facteurs influençant le déclin absolu du VEMS étaient : un sexe masculin, un VEMS initial plus élevé, l’existence d’exacerbations sévères, un tabagisme actif et le score BSI.

En analyse multivariée, les mêmes facteurs étaient retrouvés. Le tabagisme actif augmentait de 14 % le déclin absolu du VEMS et chaque épisode d’exacerbation l’augmentait de 7 %. Par contre, l’existence d’une infection à pyocyanique n’influençait pas de manière significative le déclin absolu du VEMS, sans doute par manque de puissance. Un déclin rapide du VEMS, défini comme supérieur à 50 ml/an, était associé aux exacerbations fréquentes (OR 1,09 ; IC 95 % 1,01-1,19 ; p = 0,04) et au tabagisme actif (OR 2,6 ; IC 95 % 1,0-6,6 ; p = 0,03), un déclin de plus de 100 ml/an n’étant quant à lui associé qu’aux exacerbations sévères (OR 1,79 ; IC 95 % 1,05-3,05 ; p = 0,03). Il n’était pas observé de relation significative entre le déclin du VEMS et la qualité de vie. Le déclin du VEMS était bien prédit par le score BSI mais pas par le score FACED, la différence entre les deux scores étant lié à l’inclusion des exacerbations dans le calcul du premier. Enfin, le taux de déclin du VEMS était un facteur prédictif indépendant de la mortalité (p = 0,01) et de la mortalité respiratoire (p = 0,0007).

 

En conclusion, le déclin de la fonction respiratoire au cours des DDB non CF est hétérogène et les facteurs influençant ce déclin ont chacun un impact modeste, la poursuite du tabagisme ayant un impact identique à la survenue de deux exacerbations annuelles. Le sevrage tabagique et la prévention des exacerbations sont donc les deux interventions possibles pour limiter l’aggravation fonctionnelle et améliorer le pronostic des DDB non CF.


Frédéric Schlemmer, 

D’après la communication de T. Fardon, et al. Identifying Modifiable Risk Factors for Rapid Lung Function Decline in Bronchiectasis. Session B16 – Cystic fibrosis (cf) and non-cf bronchiectasis

Am J Respir Crit Care Med 193 ; 2016 : A2878


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