Dans la famille Wheezing, je demande la grand-mère !

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S’il est désormais bien établi que le tabagisme maternel a un effet délétère sur le fœtus en augmentant le risque de retard de croissance intra-utérin, de naissance prématurée ou de mort subite, les preuves d’une toxicité sur les fonctions pulmonaires sont de plus en plus nombreuses.

Chez le rat nouveau-né exposé in utero à de la nicotine intraveineuse, des effets sur la structure pulmonaire ont été mis en évidence : le diamètre interne des voies aériennes est plus petit, les alvéoles sont moins nombreuses et élargies, du collagène se dépose dans le parenchyme. Une toxicité similaire a été observée chez les nouveau-nés de mère fumeuse décédés subitement. Parallèlement, le tabagisme maternel diminue les fonctions pulmonaires du nouveau-né, avec un effet dose-dépendant, et ces altérations perdurent jusqu’à l’adolescence. Cela se traduit cliniquement par une augmentation du risque de développer un asthme ou une hyperréactivité bronchique.

Le tabagisme de la grand-mère, alors que la mère est non fumeuse, a des effets délétères superposables. Chez le rat, des lésions emphysémateuses affectent la première comme la seconde génération. Le risque de développer un asthme est multiplié par 1,8. Un mécanisme impliquant la méthylation de l’ADN (de l’ADN total comme de certains gènes impliqués dans l’inflammation) pourrait sous-tendre la transmission intergénérationnelle du risque d’asthme.

Ces résultats plaident en faveur d’actions de promotion du sevrage tabagique chez les adolescentes et les jeunes femmes, d’autant plus que les enfants dont les mères ont arrêté de fumer avant la grossesse ont un risque d’asthme similaire aux enfants de mères non fumeuses.

 


Marjolaine GEORGES

D’après la communication de K.-H. Carlsen, session A12 : ATS research statement on recent advances in tobacco addiction and smoking cessation

 


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© iSPLF – Mission ATS – MAI 2015