Des ballons pour les artères pulmonaires !

L’angioplastie pulmonaire, technique développée au Japon pour la prise en charge des hypertensions pulmonaires thromboemboliques chroniques (HTP TEC) non opérables, est disponible en France depuis 2014. Le docteur Brénot (centre chirurgical Marie-Lannelongue) a rapporté les résultats de l’expérience de l’université Paris-Sud.

Tous les patients adressés pour une HTP TEC à l’université Paris-Sud sont présentés en réunion de concertation pluridisciplinaire regroupant pneumologues, cardiologues interventionnels, chirurgiens et radiologues, afin de décider de la prise en charge la plus appropriée (endartériectomie pulmonaire pour les formes les plus proximales, angioplastie pulmonaire et/ou traitement médicamenteux pour les autres).

Entre février 2014 et juillet 2017, 212 patients étaient éligibles pour l’angioplastie pulmonaire. Après exclusion des 28 patients inclus dans l’étude randomisée contrôlée RACE comparant angioplastie pulmonaire et traitement médicamenteux par Riociguat (NCT 02634203), 184 patients ont été inclus dans cette analyse rétrospective (85 entre 2014 et 2015 et 99 depuis). En moyenne, 5,5 ±2,5 séances d’angioplastie étaient réalisées par patient (âge moyen 63 ± 14 ans). Trente-sept pour cent d’entre eux avaient un facteur favorisant d’HTP TEC : chambre implantable ou pacemaker (12 %), splénectomie (10 %), syndrome des AC antiphospholipides (4 %) ou anomalie hématologique (2 %), et 60 % recevaient un traitement spécifique de l’HTAP.

Les principales complications étaient d’ordre hémorragique (hémoptysie 23 %), plaie de guide (9 %) ou lésions induites par la dilatation au ballon (1 %), et ont concerné 34 % des patients. Leur incidence a diminué depuis novembre 2015 (49 % vs 21 %, p < 0,001).

Quatre décès ont été rapportés dans cette série (3 entre 2014 et 2015, et 1 sur la période la plus récente). Une réévaluation a été réalisée chez 154 patients dans les 3 mois suivant la dernière séance d’angioplastie pulmonaire. L’amélioration hémodynamique était plus importante chez les patients traités par cette technique depuis novembre 2015 : baisse des résistances vasculaires pulmonaires de 49 % versus 37 % pour la période initiale.

Ces résultats soulignent bien que l’angioplastie pulmonaire est une technique efficace dans la prise en charge des formes inopérables d’HTP TEC mais qu’elle demeure complexe et nécessite une phase d’apprentissage longue.

Athénaïs Boucly, service de pneumologie et soins intensifs thoraciques, hôpital de Bicêtre, Le Kremlin-Bicêtre

D’après la communication A7788, Balloon pulmonary angioplasty for inoperable chronic thromboembolic pulmonary hypertension : the initial experience at Paris-Sud University, Session D26


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