Devons-nous continuer à réaliser des antigénuries ?

Les guides actuelles de l’ATS/IDSA et de la BTS recommandent la réalisation des tests urinaires pour légionelle et pneumocoque à tous les patients ayant une pneumopathie communautaire sévère.

Une équipe du Texas a étudié rétrospectivement tous les patients admis dans leur hôpital ayant eu un test urinaire réalisé pour le diagnostic de pneumopathie entre 2000 et 2009. Ils ont observé une augmentation exponentielle de la prescription de l’antigénurie légionelle depuis 2004, ce qui correspond à l’introduction de l’antigénurie pneumocoque dans leur hôpital et aux recommandations ; 77 % des tests urinaires étant demandés de manière concomitante pour les deux pathogènes.

Les antigénuries légionelle représentaient moins de 100 tests par an entre 2000 et 2004, 1 059 tests par an en 2007, 1 882 tests par an en 2009. Le nombre de tests pratiqués rapportés au nombre de pneumopathies était de 2 à 3 % entre 2000 et 2004, 57 % en 2007 et 81 % en 2009. Parmi les 6 105 antigénuries légionelle réalisées, 11 étaient positives soit 0,19 % des échantillons (0,4 % dans le groupe des patients de soins intensifs). Les onze patients étaient traités de manière appropriée avant le résultat de l’antigénurie positive. Parallèlement, 402/7 849 antigénuries pneumocoques étaient positives soit 5,12 % (6 % chez les patients de soins intensifs).

Le nombre de légionelloses rapportées au Texas a augmenté entre les périodes 2000-2003 et 2004-2009, respectivement de 15 à 28 cas par an et de 55 à 137 cas par an. Cette augmentation est probablement liée à l’augmentation du nombre d’antigénuries pratiquées. Cependant, l’incidence de la légionellose demeure faible : environ un cas pour 300 000 habitants par an. Il existe une hétérogénéité géographique des cas de légionellose dans les différents états, de 0 cas à 503 cas rapportés en 2008, le plus grand nombre de cas et la plus grande incidence étant observé dans les états du Nord-Est (région des Grands Lacs).
Les auteurs rapportent une augmentation des coûts liés à la pratique en routine des antigénuries, pour un impact clinique négligeable en ce qui concerne le diagnostic et la prise en charge des pneumopathies à légionelle. Les auteurs concluent à la nécessité d’une évaluation locale des recommandations.

 


 

Résumé rédigé par E. Catherinot d’après la communication de M.H. Henderson, Temple, Texas, États-Unis

 

 


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