Facteur prédictif d’exacerbation de BPCO : faut-il doser les IgG sériques ?

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Leitao, et al. ont dosé les immunoglobulines (Ig) G sériques des patients atteints de BPCO issus de deux larges études randomisées. Leur objectif était de déterminer si un dosage d’IgG bas était associé à une fréquence plus élevée d’exacerbations de BPCO.

Des dosages d’IgG (totales et sous classes) ont été réalisés sur les sérums collectés à l’inclusion lors de deux grandes études randomisées chez des patients atteints de BPCO post-tabagique : étude MACRO – azithromycine contre placebo ; n = 976 – cohorte de dérivation (Albert, et al. New Engl J Med 2011) ; et étude STATCOPE – simvastatine contre placebo ; n = 653 – cohorte de validation (Criner, et al. New Engl J Med 2014). Les taux d’IgG et de sous classes d’IgG étaient similaires chez les patients des deux études. La médiane du taux d’IgG de l’étude MACRO a été utilisée comme cut-off : 8,683 g/l. Les patients avec un taux d’IgG bas (< 8,683 g/l) ont présenté plus rapidement une exacerbation de BPCO (EABPCO) que les patients avec un taux élevé (IgG ≥ 8,683 g/l ; p < 0,001), et ce, dans les deux cohortes. Les hazard ratio d’EABPCO dans les bras « IgG ≥ 8,683 g/l » étaient de 0,768 pour l’étude MACRO et 0,755 pour l’étude STATCOPE. De même, les patients avec un taux d’IgG < 8,683 g/l présentaient plus rapidement une EABPCO avec hospitalisation dans les deux études. Enfin, il faut noter que dans ces deux cohortes, plus de 24 % des patients avaient un taux d’IgG < 7 g/l. Les auteurs soulèvent l’hypothèse qu’une supplémentation en IgG chez les patients avec les taux les plus faibles pourrait diminuer le risque d’EABPCO. Il resterait alors à définir la valeur cible d’IgG pour laquelle la supplémentation serait efficace…


Stéphane Jouneau

D’après la communication de FS Leitao, Canada, Am J Respir Crit Care Med 2016, 193:PA1018, session A15: Emerging data on COPD exacerbations.



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© iSPLF – Mission ATS – MAI 2016