Fibrose pulmonaire idiopathique et anticoagulants : quoi de neuf ?

Les données épidémiologiques confortant l’augmentation du risque de maladie thrombo-embolique veineuse (MTEV) au cours de la FPI se multiplient. Une étude britannique avait montré une augmentation des MTEV au cours de la fibrose pulmonaire idiopathique (FPI) en comparaison à une population témoin (OR 3,39 ; IC 95 % 1,57-7,28). [1] Plus récemment, l’existence d’une MTEV était associée au risque de développer une pneumopathie interstitielle idiopathique (HR 1,8 ; IC 95 % 1,7-1,9) dans une large étude épidémiologique danoise. [2]
A.L. Olson et coll. (Denver, Colorado) se sont intéressés à la place de la MTEV dans les causes de décès répertoriés entre 1988 et 2007 aux États-Unis. Au sein des 218 991 certificats de décès chez des patients ayant une FPI, la prévalence de la MTEV était de 1,74 % contre 1,31 % dans la population totale des patients décédés (OR 1,34 ; IC95 % 1,29-1,38). La comparaison avec des patients ayant un cancer pulmonaire ou encore une BPCO montrait également que la MTEV était plus fréquemment associée à la FPI avec des OR respectivement de 1,54 (IC 95 % 1,49-1,59) et 1,44 (IC 95 % 1,39-1,49). Chez les patients ayant une FPI, l’âge moyen au décès était plus faible chez ceux ayant une MTEV quel que soit le sexe (p < 0,0001). Ces données semblent donc aller dans le même sens et plaider pour un rôle de l’état procoagulant dans la FPI et son pronostic, justifiant une approche thérapeutique de ce phénomène.
Le réseau IPF network avait mis en place un essai thérapeutique de phase 3 évaluant l’efficacité de l’anticoagulation (warfarine) contre placebo en double aveugle dans le traitement de la FPI. L’objectif principal était le délai avant progression, décès ou encore hospitalisation (pour une cause non liée à un saignement). Cet essai a inclus 145 patients ayant une FPI en échec de traitement ou au diagnostic de leur maladie. L’âge moyen était de 67 ans (une majorité d’hommes) avec une CVF de 57 % et une DLCO à 33 % en moyenne. L’essai a été interrompu par un comité indépendant en raison d’un excès de mortalité dans le groupe warfarine. Les résultats complets de cette étude devraient être annoncés en juillet 2011…
L’intrication entre les phénomènes procoagulants intra-alvéolaires et intravasculaires n’est pas claire, mais pourrait néanmoins faire envisager d’autres candidats, comme les inhibiteurs de PAR 1 (Proteinase Activated Receptor) : à suivre…

 

[1] Hubbard et coll. Am J Respir Crit Care Med 2008 Dec 15 ; 178 (12) : 1257-61.

[2] 2. Sode et coll. Am J Respir Crit Care Med 2010 ; 181 : 1085-92.

 

 


 

Résumé rédigé par Y.Uzunhan d’après les communications de A.L. Olson (Denver) (16 05 11) et K.K. Brown (Denver), États-Unis.

 

 

 

 

 


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