Fibrose pulmonaire idiopathique : et les PROMS ?

La qualité de vie est altérée au cours de la fibrose pulmonaire idiopathique (FPI) en rapport avec la diminution de la fonction respiratoire. Les « critères d’évaluations rapportés par le patient » répondent à l’acronyme de PROMS en anglais pour Patients Related Outcome MeasureS largement utilisé dans de nombreuses publications concernant la FPI.

De grands essais randomisés ont montré que les traitements antifibrosants (pirfénidone et nintédanib) permettent de ralentir le déclin de la capacité fonctionnelle respiratoire. Cependant, en l’absence de traitement curatif, l’amélioration des symptômes et de la qualité de vie qualité de vie sont également des enjeux cliniques importants, en particulier lors du suivi des patients sous traitement.

E.S. White (Ann Arbor, États-Unis) a rapporté les données rétrospectives de qualité de vie de 43 patients inclus dans une cohorte de suivi semestriel. Lors de ce suivi des scores de qualité de vie et de mesure des symptômes respiratoires ont été réalisés (SF 36 et Questionnaire de Saint George). L’anxiété et les signes de dépression ont également été évalués par des questionnaires dédiés.

À chaque visite, les patients étaient stratifiés en fonction du traitement. Les auteurs comparent trois groupes en fonction du traitement en cours (pirfénidone n = 22, nintédanib n = 13, pas de traitement n = 28). La fonction respiratoire et le test de marche de six minutes à l’inclusion sont comparables dans les trois groupes.

Chez les patients traités par pirfénidone les scores SF 36 et de Saint George sont plus altérés que chez les patients non traités (SF-36 p = 0,002) and UCSD SOBQ (p = 0,07). Il existe également une tendance à la diminution des scores de qualité de vie si on compare l’ensemble des patients traités à ceux ne recevant pas d’antifibrosant. Le score SF 36 a tendance à être également plus bas chez les patients recevant du nintédanib par rapport au groupe non traité. Les scores d’anxiété et de dépression ne sont pas différents dans les trois groupes.

Cette étude rétrospective est imparfaite en raison de données manquantes ne permettant pas d’évaluer l’évolution de ces scores en fonction du traitement. Par ailleurs, une analyse plus fine des différents domaines des scores aiderait à analyser les raisons de l’altération de la qualité de vie. Cependant, elle souligne l’importance de prendre en compte également les critères d’évaluation rapportés par le patient pour guider la prise en charge thérapeutique.

Diane Bouvry, service de pneumologie, hôpital Avicenne, Bobigny

D’après la session B103/PA4261 White ES (Ann Arbor, États-Unis), Anti-Fibrotic Therapy and Patient Reported Outcomes in Idiopathic Pulmonary Fibrosis.


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