La « granulomatose asthmatique » : un nouveau phénotype d’asthme ou une entité à part entière ?

L’équipe de Sally Wenzel (Pittsburgh) a rapporté l’observation de 8 patients (7F/1H, âge moyen 61 ans) adressés pour asthme sévère. Tous présentaient, malgré une corticothérapie orale continue (> 10 mg/j) des sifflements, un taux de NO exhalé élevé, une éosinophilie circulante (> 500/mm3) et un trouble ventilatoire obstructif modéré prédominant sur les petites voies aériennes. La réversibilité du VEMS sous β2-mimétiques était documentée chez tous les patients, qui avaient tous également une diminution de la DLCO. Le scanner thoracique montrait un épaississement pariétal bronchique diffus chez tous les patients et un trappage gazeux chez la moitié. Aucune image interstitielle n’était observée. On retrouvait chez 44 % des sujets un antécédent de maladie auto-immune dans la famille, mais jamais chez les patients. De même, on ne retrouvait aucune exposition environnementale, aucune infection à Aspergillus. Tous les patients ont bénéficié d’une biopsie pulmonaire chirurgicale par vidéothoracoscopie. Celles-ci ont montré chez tous les patients la présence de granulomes mal formés non bronchocentriques, associés à un petit infiltrat lymphocytaire. On retrouvait également dans 100 % des cas une hyperplasie des cellules glandulaires, une hypertrophie du muscle lisse bronchique et un épaississement de la membrane basale, un infiltrat à éosinophiles, compatibles avec le diagnostic d’asthme. Sept des patients ont reçu des immunosuppresseurs avec succès, autorisant une diminution rapide et significative de la corticothérapie orale. Les auteurs proposent le terme de « granulomatose asthmatique » pour décrire ce tableau associant asthme, trouble ventilatoire obstructif prédominant sur les petites voies, résistance aux corticoïdes oraux, éosinophilie sanguine et présence de granulomes mal formés, sans aucune atteinte interstitielle. Cette entité nouvelle semble mélanger des éléments propres à l’asthme et des éléments évocateurs de pneumopathie d’hypersensibilité.

 

 

 

 

 


 

Résumé rédigé par C. Taillé d’après la communication de A.S. Larkin, Pittsburgh, États-Unis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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