La neurostimulation de l’hypoglosse : un essai transformé pour le traitement au long cours du syndrome d’apnées obstructives du sommeil

Alors que les premiers résultats à court terme de trois études portant sur le traitement du syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) par neurostimulation de l’hypoglosse (NSH) avaient été présentés en 2011, l’évaluation à un an confirme l’efficacité et la bonne tolérance de cette nouvelle technique.

Cette stimulation intermittente de l’hypoglosse s’effectue à l’aide d’un générateur implantable au niveau du muscle pectoral, au cours du sommeil, pendant la phase inspiratoire. Les trois études, réalisées avec des appareils différents, mais dont la technique de stimulation est relativement comparable, avaient retrouvé des résultats très homogènes, à 3 et 6 mois, sur un total de 63 patients, en termes d’amélioration polysomnographique. L’étude multicentrique menée avec le matériel HGNS a permis d’obtenir une réduction de l’index d’apnées hypopnées (IAH) de 43,1 ± 17,5 /h à 19,5 ± 16,7/h à 6 mois, se prolongeant à 1 an (22 ± 17/h), associée à une amélioration significative de la saturation en oxygène nocturne et du score d’Epworth (p < 0,001). Ces résultats étaient d’autant plus satisfaisants (11,0 ± 10,8) qu’ils concernaient des patients dont l’index de masse corporelle (IMC) était inférieur à 35 kg/m2. Dans l’étude effectuée avec l’appareil Inspire, il est intéressant de retrouver une réponse superposable, chez un groupe de patients répondeurs, présentant un IMC < 32 kg/m2, un IAH < 50/h, et en l’absence de collapsus circonférentiel rétropalatal évalué par endoscopie au cours du sommeil. Dans la dernière étude avec le matériel Imthera, qui comportait un nombre plus faible de patients, les résultats à un an sont tout aussi satisfaisants, avec une originalité concernant le maintien du bénéfice obtenu sous stimulation sur la régression des apnées et hypopnées, lors d’une nuit suivante passée sans stimulation, faisant évoquer la possibilité d’un réentrainement musculaire des voies aériennes supérieures sous l’effet de cette stimulation chronique. L’ensemble de ces résultats a été obtenu avec une parfaite tolérance du système, et il est probable que l’on assiste prochainement à des études contrôlées sur de plus larges populations avant d’obtenir, en France, la possibilité d’inclure cette technique dans notre stratégie thérapeutique.

 

 

 

 

 

 

 


Résumé rédigé par Jean-Claude Meurice à partir des communications d’A. Malhotra (Boston), K. Strohl (Cleveland) et D. Rodenstein (Bruxelles.)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 


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© iSPLF – Mission ATS – MAI 2012