La pneumologie vue des étoiles par la Nasa

Lors du congrès de l’ATS, la Nasa (National Aeronautics and Space Administration) a présenté les travaux de son groupe de travail « Health and Air Quality Applied Science Team » (HAQAST).

Consciente des changements climatiques plus que le président Trump (!), la Nasa a développé plusieurs projets afin d’étudier les facteurs environnementaux naturels ou humains, ainsi que les événements météorologiques pouvant avoir un impact sur la qualité de l’air et donc sur la santé de la population. Parmi les facteurs étudiés, il y a bien sûr la pollution de l’atmosphère due aux activités humaines mais aussi à des événements comme récemment les gigantesques incendies de forêt en Californie, l’éruption du volcan Kilauea à Hawaï ou l’envahissement des plages du Golfe du Mexique par des algues libérant des endotoxines dans l’air. Autant d’éléments pouvant induire des pathologies respiratoires (asthme, BPCO, cancer…) mais aussi cardio-vasculaires, et des morts prématurées.

En complément des modèles informatiques et des mesures de la qualité de l’air par les capteurs terrestres, bien trop peu nombreux et mal répartis aux États-Unis, quasiment absents dans le tiers-monde et de nombreux pays émergents, les nombreux satellites géostationnaires de la Nasa fournissent une cartographie plus complète vue du ciel. Ils peuvent réaliser des mesures d’émission de gaz (CO2, CO, CH4), de la fluorescence induite par le soleil et une évaluation de la distribution des particules fines (PM2,5). Leurs équipes prévoient la mise en place en orbite de capteurs supplémentaires spectrophotométriques pour mieux analyser ces particules fines à l’échelle planétaire. Ces programmes de recherche très coûteux ont des implications fortes en santé (respiratoire) mais aussi politiques et économiques d’où leur importance cruciale… Ces données de la Nasa sont en accès libre sur le site haqast.org, ils proposent des séminaires gratuits de formation à l’analyse de ces données pour les volontaires. À quand un programme similaire « respiratoire » par l’agence européenne de l’espace (ESA) ?

 


Arnaud Scherpereel, service de pneumologie et oncologie thoracique, CHU de Lille

D’après la session L2, Congrès ATS 2018.


Retour au sommaire

 

© iSPLF – Mission ATS – MAI 2018