Le CO inhalé, un nouveau traitement de la fibrose pulmonaire idiopathique : t’as le look CO-CO ?

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Le NO n’est pas le seul gaz biologique synthétisé par le corps humain. Deux autres gaz, le CO et l’H2S appartiennent également à la famille des molécules gazeuses naturellement produites par nos propres cellules. Longtemps considéré comme le petit frère du NO, le CO commence à gagner ses lettres de noblesse grâce à sa capacité de lutter à la fois contre l’inflammation, l’apoptose et la prolifération cellulaire. C’est en se basant sur ces trois propriétés du CO qu’AugustinCHOI (New York) a obtenu un financement du NIH pour conduire une étude contrôlée et randomisée, comparant l’effet du CO inhalé, administré à de faibles doses (100 à 200 ppm) à celui du placebo (air normoxique) pendant 12 semaines chez 58 patients adultes porteurs d’une fibrose pulmonaire idiopathique. Compte tenu de la durée assez courte de l’étude, les auteurs ont opté pour un biomarqueur, la MMP7, comme critère principal d’efficacité, et les paramètres classiques d’EFR (CVF, CPT et DLCO et distance de marche de 6 minutes) comme critères secondaires d’efficacité. Une analyse biologique utilisant les puces à ADN (permettant le criblage à grande échelle de l’expression génomique) est ensuite effectuée dans une étude ancillaire pour déterminer l’effet du CO inhalé sur les modifications de l’expression génique des cellules circulantes sanguines des malades. Si le CO inhalé n’a aucun effet positif sur le critère principal (concentration plasmatique de MMP7) ou les critères secondaires (absence d’amélioration des EFR et de la distance de marche), les modifications très nettes de l’expression génique des malades ayant inhalé du CO avec une diminution des gènes impliqués dans l’apoptose et la protéolyse (médiée par les protéasomes) et une augmentation de l’expression des gènes liés à l’activité mitochondriale ont permis aux auteurs de cette étude de conclure sur une note positive avec le souhait de refaire une autre étude plus longue, portant sur un plus grand nombre de sujets recevant des doses plus importantes de CO inhalé en ciblant cette fois-ci la fonction mitochondriale, à la fois comme biomarqueur mais aussi comme élément clé pour une meilleure compréhension à la fois des effets biologiques du CO et des mécanismes physiopathologiques de la maladie. Ce n’est qu’alors que l’on pourra dire si le CO a, ou non, le bon look pour la FPI (fibrose pulmonaire idiopathique).

 


Anh Tuan DINH-XUAN

D’après les communications de la session L7 Report from the phase II CO-IPF trial


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