Le déficit en alpha-1 antitrypsine : les limites du phénotypage et du génotypage

Plusieurs communications indépendantes, provenant des États-Unis, d’Italie et d’Irlande, rappellent l’existence de mutations rares du gène de l’alpha-1 antitrypsine (SERPINA1). Ces mutations sont responsables d’un déficit pondéral de la molécule, d’anomalies pulmonaires et hépatiques mais ne correspondent pas aux allèles déficitaires habituels S ou Z.

Certaines de ces mutations rares peuvent être identifiées par isoélectrofocalisation conventionnelle (phénotypage) comme les allèles Mmalton, F, I, Zbristol. D’autres nécessitent un séquençage du gène SERPINA1 comme pour les variants nuls (Q0lampedusa, Q0pordenone) ou d’autres variants déficitaires (Mpisa, Etaurisano, rovere etc.). Tous ces variants correspondent à la mutation d’un ou plusieurs acides aminés au sein de SERPINA1 et aboutissent à un taux sérique bas d’alpha-1 antitrypsine (AAT) et des dépôts pulmonaires et hépatiques de polymères d’AAT. Ces anomalies sont rares, mais doivent être suspectées en présence d’un taux sérique inférieur à la normal et d’un génotypage suivi d’un phénotypage non conclusifs.
Ces équipes rappellent que le dépistage du déficit est basé sur le dosage pondéral d’AAT. L’identification d’une éventuelle mutation est affirmée au mieux par le génotypage S et Z en PCR suivi du phénotypage en isofocalisation électrique. De plus en plus de pays effectuent l’ensemble de ces analyses sur une simple goutte de sang séché. En Italie, ces analyses sont précédées par un dosage de la CRP afin d’éliminer un état inflammatoire sous-jacent qui augmenterait faussement les taux sériques d’AAT. L’expertise nécessaire à la lecture des gels d’électrophorèse et l’indication ou non d’un séquençage de SERPINA1 font que ces analyses doivent être au mieux réservées à des centres experts. Enfin, toutes les équipes signalent l’inutilité des mesures de l’activité antiprotéasique du sérum, que ce soit dans un but de dépistage ou lors des différentes étapes du diagnostic biologique.

 

 

 


Antoine Cuvelier, d’après les communications de T. Carroll, et al (A4354), S. Ottaviani, et al (A4359) et F.A. Koura, et al (A4351). Séance C40.

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 


Retour au sommaire

© iSPLF – Mission ATS – MAI 2012