Le microbiome : ces petites bêtes qui montent, qui montent…

Le nombre de bactéries hébergées par le corps humain est dix fois celui de nos cellules et l’ensemble des génomes de ces micro-organismes (appelé microbiome) est cent fois plus important que celui du génome humain. Et pourtant le rôle des constituants de ce microcosme bactérien, mais aussi fongique, et viral (appelé microbiote) commence à peine à être connu. L’organisation de deux Symposia successifs (dimanche 18 et lundi 19 mai) au Congrès de l’ATS de cette année reflète le récent engouement des pneumologues pour nos microscopiques colocataires dont le rôle ambivalent (flores commensales ou dangers infectieux) fait l’objet de nombreux travaux de recherche actuels. Un premier Symposiumintroductif (session A89, dimanche 18 mai) a permis aux spécialistes d’introduire les notions sur le microbiome et le microbiote mais aussi sur les dysbioses (déséquilibre de la microflore commensale), l’importance sous-estimée voire méconnue du microbiome fongique (ou mycobiome) et viral (virome) dans les infections opportunistes du patient immunodéprimé. Puisque la colonisation bactérienne du corps humain commence dès la naissance, la place et l’importance du microbiome des voies aériennes ont été l’objet du deuxième symposium (session B87, lundi 19 mai) où les orateurs ont discuté du rôle du microbiome dans le développement des maladies allergiques et de l’asthme, des infections respiratoires basses et de la colonisation bactérienne dans la mucoviscidose. Le rôle protecteur d’un contact bactérien survenant précocement dans l’enfance vis-à-vis des maladies allergiques a été aussi l’objet d’une mise au point complète soulignant les notions déjà connues de la théorie hygiéniste en vogue des années 1980. À la fin de ces deux journées de symposium, l’auditoire est partagé entre l’intérêt d’un monde émergent (celui des différents microbiotes hébergés par le corps humain), la complexité des règles régissant la coexistence de ces différents mondes et le nôtre et, enfin, le sentiment rassurant d’un Monsieur Jourdain qui manie les notions microbiotiques depuis toujours (notion de théorie hygiéniste et de flores commensales) sans en être réellement conscient… jusqu’à aujourd’hui.

 

 

 

 


Anh-Tuan Dinh Xuan d’après les communications des sessions A89 | The lung microbiome in 2014 : state of the art and science et B87 | Airway microbiome in children : contribution to health and disease.

 

 

 

 

 

 

 

    


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