Les anticoagulants au secours de la ventilation mécanique !

La ventilation mécanique (VM) est susceptible d’engendrer ou d’aggraver des lésions pulmonaires inflammatoires, notamment par dépôts de fibrine, et ce d’autant plus qu’elle est prolongée. L’héparine pouvant réduire cette inflammation et ces dépôts de fibrine, il apparaît pertinent d’évaluer son intérêt pour améliorer la fonction pulmonaire.

Cela a constitué l’objectif d’une étude prospective randomisée menée en double-aveugle qui a comparé l’administration nébulisée d’héparine non fractionnée (HNF) à celle d’un placebo (sérum physiologique), à raison de 25 000 UI toutes les 4 ou 6 heures selon la taille, chez 50 patients (25 dans chaque groupe) susceptibles de bénéficier d’une VM invasive de plus de 48 heures. Le traitement était maintenu durant toute la période de VM jusqu’à un maximum de 14 jours après la randomisation, le critère de jugement principal étant représenté par le bénéfice observé sur le rapport PaO2/FiO2 moyen quotidien. Aucune différence n’était observée pour ce critère entre les deux groupes, mais l’HNF nébulisée permettait d’augmenter significativement le nombre de jours sans VM chez les survivants (22,6 ± 4 versus 18 ± 7,1 jours) soit une différence moyenne de 4,6 jours (IC 95 % : 0,9-8,3 ; p = 0,02). Aucune différence de durée de séjour ou de mortalité n’était observée entre les deux groupes. Le TCA augmentait sensiblement dans le groupe HNF (p = 0,02), traduisant un effet anticoagulant systémique de l’HNF nébulisée mais aucune différence d’événements indésirables (sécrétions hémorragiques, transfusions globulaires). Ces résultats cliniques particulièrement intéressants mériteront donc d’être confirmés rapidement sur une plus large population de patients.

 

 


 

Résumé rédigé par C. Girault d’après la communication de B. Dixon et coll. Melbourne, Australie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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