Les fumeurs sans BPCO sont tout de même malades !

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Dans une large population de fumeurs sans BPCO, les auteurs ont cherché à mettre en évidence des différences cliniques, fonctionnelles et radiologiques entre les fumeurs symptomatiques et les fumeurs asymptomatiques.

À partir de l’étude SPIROMICS (Couper, et al. Thorax 2014), Woodruff, et al. ont analysé les données de 2736 fumeurs (sevrés ou non, ≥ 20 PA) sans BPCO, caractérisés par un rapport VEMS/CVF ≥ 0,7 post-bronchodilatation et une CVF supérieure à la limite inférieure de la normale, afin de ne pas inclure à tort des patients restrictifs. La moitié des fumeurs étaient symptomatiques, c’est-à-dire avaient un score CAT (COPD Assessment Test) ≥ 10. Les fumeurs symptomatiques ont présenté plus d’exacerbations respiratoires (prise d’antibiotiques, de corticoïdes et/ou consultations, passages aux urgences, hospitalisations) que les fumeurs asymptomatiques : 0,27 ± 0,67 vs 0,08 ± 0,31 ; p < 0,001. Ces fumeurs symptomatiques ont présenté également une distance plus faible au test de marche de 6 minutes : 79,8 ± 19,2 % vs 89,3 ± 18,8 % de la distance théorique, des valeurs spirométriques légèrement plus basses (VEMS, CVF et capacité inspiratoire), et un épaississement des parois bronchiques plus important que les fumeurs asymptomatiques. Plus du quart de ces fumeurs symptomatiques utilisaient des traitements inhalés, bronchodilatateurs et/ou corticoïdes inhalés.

Plusieurs questions sont donc soulevées : Faut-il rétablir le GOLD 0 ? Faut-il traiter ces patients et si oui, comment ? Des essais thérapeutiques ciblant les fumeurs symptomatiques semblent nécessaires afin de définir le traitement optimal de ces patients.


Stéphane Jouneau

D’après la publication de Woodruf, et al. N Engl J Med 2016 May 12 ; 374 (19) : 1811-21 ; présentée session A2 : JAMA and New England Journal of Medicine. Discussion on the edge : reports of recent pulmonary research.


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