LOTT fait flop…

 

L’essai sur l’oxygénothérapie dans la BPCO avec désaturation modérée a été publié en 2016 (the LOTT research group. NEJM oct 2016) ; il a fait l’objet aujourd’hui d’une session entière et a donné lieu à plusieurs controverses.

La prescription d’oxygène est actuellement basée sur 2 études anciennes, portant sur de faibles nombres de patients porteurs d’une insuffisance respiratoire sévère. Il est parfois tentant de prescrire une oxygénothérapie dans des situations plus limites. L’objectif de l’essai LOTT était de déterminer l’efficacité de l’oxygénothérapie dans une population de BPCO présentant des désaturations modérées à l’effort ou au repos. Il s’agit de la plus grande étude randomisée (738 patients) sur le sujet. On peut déjà noter des difficultés d’inclusion notables puisqu’il a fallu 5 ans et 3 amendements à l’étude pour clore les inclusions.

Plusieurs critiques peuvent être faites, notamment l’absence de gazométrie artérielle : le caractère modéré de l’hypoxémie diurne n’était jugé que sur les désaturations. De même, on peut s’étonner de la présence de patients tabagiques actifs (25 % dans le groupe sans oxygène et 30% dans le groupe oxygène).

Les résultats de ce travail sont négatifs tant sur l’objectif principal (survie et délai jusqu’à la première hospitalisation) que sur la qualité de vie et les capacités à l’effort.

Ces résultats confirment donc les indications actuelles de l’oxygénothérapie dans la BPCO qui nécessitent une hypoxémie sévère authentifiée par des gaz du sang en air ambiant.


Sandrine Pontier-Marchandise, CHU Larrey, Toulouse

D’après la session B2 (lundi 22 mai 2017) : The Long Term Oxygen Treatment Trial : implications for COPD care et B82 : hot topics in COPD : a pro/con debate.


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