Macrolides dans l’asthme : un premier essai positif


C’est la conclusion de cet essai académique randomisé mené en Australie, incluant 420 patients asthmatiques non-fumeurs non contrôlés malgré un traitement de palier 3. Ils recevaient de l’azithromycine ou un placebo pendant 48 semaines à la dose de 500 mg 3 fois par semaine.

 L’incidence des exacerbations était réduite de 40 % par le traitement, comparativement au placebo (p < 0,001). Ce bénéfice était associé à une amélioration de la qualité de vie plus importante dans le groupe traité (0,36 ; p < 0,001), ainsi qu’une réduction du nombre d’infections respiratoires nécessitant des antibiotiques au cours de l’essai. Les analyses de sous-groupes, notamment en fonction de l’éosinophilie ou de la présence de toux et d’expectoration, n’ont pas identifié une population bénéficiant davantage du traitement.
La tolérance du traitement, notamment cardiaque, était jugée bonne, en dehors de diarrhées plus fréquentes chez les patients traités. La proportion de patients ayant interrompu le traitement pour effet secondaire était de 7 % dans le groupe traité et 4,8 % dans le groupe placebo.
Cet essai diffère de l’étude AZISAST, qui ne montrait pas d’effet sur la survenue des exacerbations, par une dose plus forte d’azithromycine (500 mg vs 250 mg), une durée de traitement plus longue (48 semaines vs 24 semaines) mais également par un effectif plus important de patients (420 vs 109). Cela pourrait peut-être expliquer la différence entre les résultats obtenus.
Cet essai est-il susceptible de modifier les recommandations qui n’intègrent pas actuellement les macrolides dans le traitement de l’asthme sévère ?


Camille Taillé, hôpital Bichat, Paris

D’après  le poster présenté par P.G. Gibson. Azithromycin reduces exacerbations in adults with persistent eosinophilic asthma. Am J Respir Crit Care Med 2017;195:A4679.
Session B101


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