Manger moins gras, moins salé, moins sucré… : c’est fade mais ça marche aussi pour l’asthme !

tete-ATS2015-2

De nombreuses données montrent l’influence de notre mode d’alimentation (riche en graisses et pauvre en fibres) sur l’immunité et sur la prévalence de l’asthme et de l’allergie. Si l’on sait que l’amaigrissement peut améliorer le contrôle de l’asthme et réduire l’inflammation bronchique, on a peu de données sur l’effet d’une modification qualitative du régime sur les symptômes de l’asthme.

Les objectifs du programme DASH (Dietary Approaches to Stop Hypertension), initialement établi pour lutter contre l’hypertension, visent principalement à augmenter la consommation quotidienne de fruits et légumes et à réduire la consommation de graisses et de sel. Une équipe de Palo Alto a proposé à des patients asthmatiques non contrôlés et ayant une alimentation mal équilibrée (définie par un questionnaire DASH < 6/9), un programme éducatif visant à modifier leur comportement alimentaire. Ce programme comprend trois sessions individuelles et huit sessions collectives réparties sur 3 mois, suivies d’une phase de renforcement de 3 mois comprenant des appels téléphoniques. Fait important, le programme n’est pas prévu pour induire de perte de poids et ne comprend pas d’incitation particulière à l’activité physique. Le groupe contrôle ne suivait aucun programme diététique spécifique.

Quatre-vingt-dix malades ont été inclus. Le programme a permis d’améliorer significativement le score DASH dans le groupe intervention. Si le contrôle de l’asthme (score ACQ moyen) n’était pas modifié de façon significative entre les deux groupes, on observait que 28 % des patients dans le groupe intervention amélioraient leur score ACQ de plus de 0,5 point, contre seulement 9 % des contrôles (p = 0,04). La participation au programme initial était excellente (100 % à la première session et 96 % à la 11e), ainsi que la satisfaction des patients (score moyen 4,8/5).

Ces résultats plaident pour la prise en charge diététique des asthmatiques, mais nécessitent d’être confirmés sur une population plus large et peut-être sur une durée plus longue. Enfin, savoir si ce type de programme peut induire des modifications durables du comportement alimentaire sera un autre élément important à évaluer


Camille TAILLE

D’après le poster de N.Lv et al. Publication A1715: Process Evaluation of the “DASH for Asthma” Intervention in a Randomized Controlled Trial Pilot Study Session A45 : Asthma Epidemiology

1Palo Alto, CA/US, 2Boston, MA/US, 3Portland, OR/US, 4Stanford, CA/US, 5San Francisco, CA/US, 6Palo Alto/US


Retour au sommaire

 

© iSPLF – Mission ATS – MAI 2015