Oxygénation : changeons nos « mauvaises » habitudes… !

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L’oxygénothérapie est largement prescrite dans différentes pathologies respiratoires — ou non —. Si le clinicien redoute l’hypoxémie, des données récentes suggèrent que l’hyperoxie peut s’avérer tout aussi délétère. Contrôler au mieux les objectifs d’oxygénation peut donc s’avérer tout à fait pertinent.

Au cours d’une étude observationnelle de type avant/après, une équipe néerlandaise a mis en place deux phases de contrôle strict de l’oxygénation chez des patients de réanimation ventilés ou non mécaniquement avec des objectifs cibles stricts : maintien de la PaO2 entre 55 et 86 mmHg et de la SpO2 entre 92 et 95 % à l’aide d’un protocole écrit au cours de la première phase et d’un logiciel informatisé au cours de la deuxième phase.1 Chez 15 045 patients admis entre 2011 et 2014, dont 82 % ventilés mécaniquement, la proportion d’oxygénation cible en moyenne par semaine augmentait significativement de 47 % à l’état basal à 63 %, puis 68 % au cours des phases 1 et 2 respectivement. Les épisodes d’hyperoxie diminuaient significativement (p < 0,0001) alors que les épisodes d’hypoxémie restaient inchangés (p = 0,06). Parallèlement et après ajustement, la durée de ventilation mécanique diminuait (p < 0,01), et la survie hospitalière augmentait (p < 0,01) comparativement à la période basale.

Contrôler au mieux la cible d’oxygénation apparaît donc faisable et surtout potentiellement bénéfique sur le devenir des patients, sans pour autant aggraver le risque d’hypoxémie. Ces résultats devront être confortés, mais doivent dès à présent nous inciter à modifier nos critères de surveillance de l’oxygénation (PaO2, SpO2) chez nos patients.

 


Christophe GIRAULT

1. D’après la communication de H.J.F. Helmerhorst, et al., session B44 : Invasive and non-invasive mechanical ventilation.


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© iSPLF – Mission ATS – MAI 2015