Oxygénothérapie haut débit : une place chez les BPCO ?

tete-ATS2016V

 

L’oxygénothérapie haut débit (OHD) est maintenant largement utilisée en réanimation pour le traitement de l’insuffisance respiratoire aiguë hypoxémique. Des appareils, comme l’AIRVO® (Fisher & Paykel HealthCare) permettant de délivrer l’OHD au domicile ou en dehors des services de réanimation sont actuellement déjà sur le marché sans qu’on sache clairement les positionner entre l’oxygénothérapie conventionnelle (SO) et la ventilation non invasive (VNI) chez les insuffisants respiratoires chroniques (IRC).

Des travaux antérieurs portant sur de très petits nombres de patients tendaient à montrer une bonne tolérance clinique ainsi que gazométrique puisque la capnie ne montait pas voire baissait dans certains cas.

Cette année, l’équipe de Nilius a montré dans un groupe de 15 BPCO hypercapniques en état stable une diminution significative de la fréquence respiratoire (18,9 ± 3,9/mn sous SO versus 16,3 ± 4,1/mn à 20 l/mn [p 0,0029] versus 15,3 ± 3,5/mn [p 0,0018] à 35 l/mn) avec une augmentation parallèle du temps expiratoire.

Une équipe italienne a fait les mêmes constatations sur une population comparable, en montrant en plus une diminution du travail diaphragmatique d’autant plus importante que le débit était important (débit à 20 puis 30 l/mn).

Ces travaux sont tous préliminaires et ne portent encore que sur de très petits nombres de patients ; il manque bien sûr l’évaluation de la tolérance et des effets à long terme de cette technique qui pourrait dans l’avenir, non seulement trouver une place dans l’arsenal thérapeutique des IRCO, mais aussi, au cours de leurs décompensations aiguës hypercapniques.

 


Sandrine Pontier-Marchandise
Christophe Girault

Nilius, et al. Am J Resp Crit Care Med 2016 ; 193 : A5319
Pisani, et al. Am J Resp Crit Care Med 2016 ; 193 : A5318


Retour au sommaire

© iSPLF – Mission ATS – MAI 2016