Oxygénothérapie humidifiée à haut débit et confort respiratoire : attention à la température et au débit !

L’oxygénothérapie humidifiée à haut débit (OHD) est maintenant largement utilisée dans la prise en charge de l’insuffisance respiratoire aiguë (IRA) dans les services de réanimation. Outre son efficacité, cette technique apparait plus simple à mettre en œuvre et plus confortable pour les patients que la ventilation non invasive (VNI). Cependant, le réchauffement des gaz et les débits utilisés pourraient influencer le confort ressenti par les patients et donc leur observance au traitement par OHD

Une équipe italienne a ainsi réalisé une étude prospective randomisée en cross-over chez 40 patients présentant une IRA hypoxémique (PaO2/FiO2 < 300 mmHg), avec pour objectifs d’évaluer le confort respiratoire des patients au cours de l’OHD délivrée avec différents niveaux de débit (30 et 60L/mn) et de température (31 et 37°C). Le confort (échelle visuelle numérique de 1, très inconfortable, à 5, très confortable) et les paramètres respiratoires étaient évalués à la fin des 15 à 20 mn de chacune des quatre conditions expérimentales réalisées avec la même FiO2. Le confort respiratoire était rapporté comme d’autant meilleur que la température était la plus basse (31°C) et ce pour les deux débits étudiés (p < 0,0001). Un débit élevé (60l/mn) n’était pas associé à un moins bon confort. Dans le sous-groupe de patients les plus hypoxémiques (n = 16, FiO2 ≥ 45%), l’association d’un débit élevé (60l/mn) et d’une température basse (31°C) était retrouvée comme la plus confortable. Un débit important (60l/mn) permettait d’améliorer significativement l’oxygénation (p < 0,0001) alors que la température n’influençait pas les paramètres respiratoires.

Le niveau de température apparait donc pouvoir influencer le confort des patients sous OHD pour IRA hypoxémique : à débit égal, une température basse peut rendre la technique plus confortable, alors qu’un débit important ne semble améliorer le confort que chez les patients les plus sévèrement hypoxémiques. Ces données sont d’autant plus intéressantes et importantes à prendre en compte qu’il est classiquement recommandé de délivrer l’OHD à une température proche des conditions physiologiques de l’arbre respiratoire, soit plutôt 37°C… !

Christophe Girault, service de réanimation médicale, hôpital Charles Nicolle, CHU-hôpitaux de Rouen

D’après la communication de Mauri T., et al. Effects of temperature and flow on patients’ comfort during respiratory support by high-flow nasal cannula. Am J Respir Crit Care Med 2018; 197: A4584. Session C25.


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