Réduction de volume par pose de ressorts endobronchiques : respirer mieux en tordant les bronches

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Les formes avancées d’emphysème pulmonaire ont pour corollaire une hyperinflation pulmonaire présente au repos et à l’effort, et ayant un rôle majeur sur la dyspnée des patients. On assiste depuis quelques années au développement de plusieurs techniques de réduction de volume (RDV) endoscopique (valves unidirectionnelles, ressorts endobronchiques, injection de glue, de vapeur…). Après les premiers résultats intéressants obtenus dans des études ouvertes, on voit maintenant apparaître les premiers résultats des études contrôlées. C’est en particulier le cas de l’étude REVOLENS présentée au cours d’une session spéciale du congrès.

Cette étude française, randomisée, contrôlée, multicentrique avait pour but de démontrer la supériorité de la RDV par mise en place de ressorts endobronchiques par rapport à la prise en charge standard, chez des patients présentant un emphysème pulmonaire évolué. L’étude a été menée sur 100 patients enrôlés de mars à octobre 2013 et tirés au sort 1:1 pour recevoir le traitement standard ou par ressorts, les principaux critères d’inclusion étant la présence d’un emphysème bilatéral en tomodensitométrie, un VEMS < 50 % th et un VR > 220 % th. Tous les patients devaient avoir eu une réhabilitation dans les 12 mois précédant l’inclusion. Le critère principal de jugement était le pourcentage de patients présentant un gain de plus de 54 m au TM6 à 6 mois. Le suivi s’est fait sur 12 mois au cours desquels ont été évalués : distance parcourue au TM6, le score MRC de dyspnée, la qualité de vie, la morbidité, la mortalité, le coût (critères secondaires).

La pose de ressorts était bilatérale chez 47 patients et unilatérale chez 3 patients (environ une dizaine de ressorts par lobe traité). Le critère primaire de jugement était atteint chez 36 % des patients dans le groupe ressorts et dans 18 % dans le groupe contrôle (p = 0,028). À 6 et 12 mois, le groupe ressorts était supérieur au groupe contrôle en termes d’amélioration de la dyspnée, de la fonction pulmonaire et de la qualité de vie (p < 0,05 pour chaque paramètre). Les effets secondaires survenus dans les 30 jours après la pose de 97 ressorts ont été pneumothorax (n = 3), exacerbation de BPCO (n = 4), pneumonie (n = 5), douleur thoracique (n = 1), hémoptysie (n = 1), événements non respiratoires (n = 3), incluant le décès chez 1 patient. Dans les 12 mois de suivi, 4 décès ont été déplorés dans le groupe ressorts et 3 dans le groupe contrôle (NS). Le coût total par an et par patient a été de 40 581 euros et de 4 458 euros dans le groupe ressorts et le groupe contrôle, respectivement. Les auteurs concluent que la prise en charge par ressorts est supérieure à la prise en charge standard pour améliorer la capacité d’exercice à 6 mois. On assiste ainsi après pose de ressorts à un gain prolongé en termes de fonction pulmonaire, de dyspnée et de qualité de vie. Les risques encourus sont acceptables, mais le coût n’est pas négligeable.

 


Hervé MAL

D’après la communication de G. Deslée, A6364 au cours de la session B19 : Novel diagnostics and therapeutics approaching personalized medicine in pulmonary disease.


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© iSPLF – Mission ATS – MAI 2015