SDRA : (Hel)met ta cagoule !!!

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La place de la ventilation non invasive (VNI) à deux niveaux de pression appliquée via un masque nasobuccal (facial) reste très discutée dans la prise en charge de l’insuffisance respiratoire aiguë (IRA) hypoxémique, notamment au cours du SDRA. En effet, les taux d’échec de la VNI dans cette indication varient de 45 à 60 %. Une explication pourrait être liée au type d’interface utilisé, le casque « Helmet » pouvant alors représenter une alternative intéressante.

Un essai prospectif randomisé monocentrique a ainsi comparé la VNI par masque facial à la VNI par casque « Helmet » chez des patients présentant un SDRA ayant motivé la mise sous VNI par masque facial pendant au moins 8 heures en réanimation. L’étude, planifiée pour inclure 103 patients par groupe, a été interrompue par le comité de surveillance pour efficacité après l’inclusion de 83 patients, 39 dans le bras masque facial et 44 dans le bras « Helmet ». Les caractéristiques de base étaient similaires entre les deux groupes, notamment en termes de gravité (APACHE II), de cause d’IRA et de sévérité de l’hypoxémie. Le taux d’intubation (critère de jugement principal) était retrouvé significativement plus élevé pour le groupe masque facial comparativement au groupe « Helmet » : 61,5 % (n = 24) vs 18,2 % (n = 8) (p < 0,001). Le casque « Helmet » permettait également d’augmenter le nombre de jours sans ventilation (12,5 vs 28 j ; p < 0,001), de réduire la durée de séjour en réanimation (7,8 vs 4,7 j ; p = 0,04), la mortalité intra-hospitalière (48,7 vs 27,3 % ; p = 0,04) et à J90 (56,4 vs 34,1 % ; p = 0,02). Aucune différence d’effets secondaires (lésions cutanées notamment) n’était rapportée entre les deux interfaces.

La VNI à deux niveaux de pression appliquée via le casque « Helmet » apparaît donc efficace et bénéfique pour traiter les patients atteints de SDRA modéré à sévère. Ces résultats mériteront d’être confirmés par un essai multicentrique. En attendant, ils ne devraient pas manquer de relancer la place de la VNI dans l’IRA hypoxémique « de novo ».


Christophe Girault

D’après la communication


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© iSPLF – Mission ATS – MAI 2016