Existe-t-il des effets indésirables graves des β-mimétiques de longue durée d’action dans l’asthme ? Probablement pas

L’utilisation appropriée et surtout la sécurité des β2-mimétiques de courte et de longue durée d’action dans l’asthme ont été largement débattues. En effet, plusieurs études ont montré que les β2-mimétiques semblaient associés à des événements indésirables graves : décès ou épisodes d’asthme aigu grave. Est-ce simplement le témoin d’un asthme non ou mal contrôlé ou bien le résultat direct des effets secondaires de cette classe médicamenteuse ? Ces éléments ont suffisamment inquiété la « Food and Drug Administration » (FDA) en 2008 pour demander aux firmes pharmaceutiques une évaluation rétrospective des risques. Une méta-analyse concluait à un surrisque secondaire à l’utilisation du salmétérol.1 Au vu de ces résultats, la FDA a demandé en 2010, à quatre firmes pharmaceutiques, la réalisation d’études prospectives afin d’évaluer la survenue des évènements indésirables graves (décès, intubation, hospitalisation) potentiellement liés à l’utilisation des ββ2-mimétiques de longue durée d’action.
Dans ce cadre, le laboratoire GlaxoSmithKline a financé la réalisation d’une étude de grande envergure (11 679 patients), prospective, multicentrique, internationale, randomisée en double aveugle, l’étude AUSTRI, avec une période de suivi de 6 mois, donc relativement courte.2  Les résultats de cette étude montrent qu’il n’existe pas de différence significative dans la survenue d’évènements graves dans les deux groupes d’adjudication thérapeutique (fluticasone et salmétérol vs fluticasone seule) et que le risque d’exacerbation sévère semble diminué avec le traitement combiné (fluticasone et salmétérol vs fluticasone). Même si le nombre d’évènements graves reste faible (< 1 %) il n’en demeure pas moins comparable dans chaque groupe. Les qualités de surveillance et d’observance thérapeutique sont incontestablement la pierre angulaire du traitement de l’asthme, expliquant en partie les résultats annoncés. À l’heure actuelle, les dernières recommandations internationales préconisent toujours l’utilisation d’une association corticoïdes inhalés et ββ2-mimétiques de longue durée d’action dès le palier. 3 Les trois autres études à venir des autres firmes pharmaceutiques commercialisant des ββ2-mimétiques de longue durée d’action conforteront ou non ces résultats. Affaire à suivre…

Alexis Ferré, hôpital Cochin, service réanimation médicale (Paris).
L’auteur n’a pas de lien d’intérêt par rapport aux données de cet article.


Info-Respiration N°135 Octobre 2016