Source d’effets indésirables pulmonaires, la nitrofurantoïne est trop prescrite

En 2012, du fait d’effets indésirables pulmonaires et hépatiques graves, l’ANSM avait rappelé les règles de bon usage de la nitrofurantoïne (Furadantine®) et restreint ses indications. Quatre ans plus tard, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de Santé (ANSM) signale la persistance de son utilisation hors du cadre restrictif de l’autorisation de mise sur le marché (AMM). Les données nouvelles portent sur une cohorte de près de 8 000 patients ayant reçu entre mars 2012 et février 2015 un traitement par nitrofurantoïne. Il y a été mis en évidence que 60 % (!) des prescriptions étaient non conformes
à l’AMM. Parmi celles-ci, la proportion de patients masculins traités par nitrofurantoïne (15 % environ) reste importante malgré l’absence
d’indication pour cette population. Rappelons que la nitrofurantoïne doit être réservée au traitement des infections urinaires sous quatre conditions : en traitement curatif et non prophylactique, pour des infections documentées, uniquement chez la femme et non chez l’homme, et pour une durée brève (5-7 jours). Elle doit être réservée aux situations lorsqu’aucun autre antibiotique présentant un meilleur rapport bénéfice-risque ne peut être utilisé par voie orale. Une utilisation en traitement curatif probabiliste peut toutefois être envisagée, mais uniquement en cas d’urgence à instaurer un traitement et/ou selon les antécédents de cystites chez la patiente.

D’après un communiqué de l’ANSM du 26 mai 2016.


Info-Respiration N°134 août-septembre 2016