Surmortalité par cancer dans le syndrome d’apnées du sommeil

Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) est associé à une surmortalité en rapport avec l’importance des complications qu’il entraîne, en l’absence de traitement efficace. Alors que les principaux travaux épidémiologiques de suivi de cohorte ont mis en évidence une cause de décès d’origine essentiellement cardiovasculaire, des travaux récents effectués chez la souris ont démontré qu’une hypoxie intermittente telle qu’elle survient au cours du SAOS favorise la croissance tumorale par l’intermédiaire d’une majoration de l’angiogenèse en rapport avec une sécrétion accrue de VEGF.

Deux études de cohorte présentées à l’occasion de cette première journée permettent de confirmer les résultats de ces études animales, de manière homogène et à partir de larges populations. La première étude a été réalisée à partir de la cohorte du Wisconsin ( [1]) qui avait été, en 2008, une des études permettant de confirmer la surmortalité associée au SAOS. L’analyse de ces données, avec un suivi désormais de vingt ans, chez plus de 1 500 sujets, met en évidence, après ajustement sur l’âge, le sexe, l’index de masse corporelle et le tabagisme, une relation étroite et significative entre la sévérité du SAOS et la mortalité liée au cancer, avec un odds ratio plus important encore que pour la mortalité toute cause confondue. Il est intéressant de noter que cette relation se retrouve de manière plus marquée entre le risque relatif de décès lié au cancer, et un index d’hypoxie au cours du sommeil, et que cette relation est conservée après exclusion des patients traités par pression positive continue (PPC). La deuxième étude, d’origine espagnole, multicentrique ( [2]) concernait 5 618 patients dont le suivi a été plus court (4,5 ans (3,5 – 5,5)), chez qui 302 cancers ont été diagnostiqués au cours de cette période. La corrélation retrouvée entre la sévérité des troubles respiratoires au cours du sommeil et la surmortalité par cancer disparaissait après ajustement pour les facteurs confondants. En revanche, la corrélation retrouvée avec l’index de désaturations nocturnes persistait après ajustement, ainsi que chez les patients non traités par PPC. Cette relation intéressait plus particulièrement les sujets les plus jeunes et de sexe masculin. Ces résultats confirment la surmortalité du SAOS en mettant en évidence une cause plus méconnue de décès au cours du SAOS, en rapport avec le développement d’une pathologie néoplasique pour laquelle des études ultérieures seront nécessaires afin de juger de l’existence éventuelle d’un pronostic et de sites spécifiques.

[1] F. Nieto (Madison, États-Unis)

[2] A. Martinez-Garcia (Valence, Espagne)

 

 

 


Résumé rédigé par Jean-Claude Meurice à partir des communications de F. Nieto, session A18 (Madison, États-Unis) (1) et de A. Martinez-Garcia, session A19 (Valence, Espagne) (2)

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 


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