Tremblements d’origine médicamenteuse : des traitements pneumologiques peuvent être en cause

Les tremblements dus aux psychotropes ou aux sympathomimétiques sont connus. Ils n’en sont pas moins parfois gênants. Mais d’autres molécules utilisées en pneumologie peuvent être en cause. Les tremblements d’origine médicamenteuse sont des tremblements de repos ou des tremblements d’action rappelle La Revue Prescrire dans une synthèse sur les tremblements d’origine médicamenteuse. La liste des médicaments qui exposent parfois à différents types de tremblements est longue mais le type de tremblements n’est pas toujours bien décrit. Les tremblements d’origine médicamenteuse sont généralement réversibles à l’arrêt du médicament ou à la diminution des doses. Pour certains médicaments, l’apparition de tremblements est parfois un signe de surdose. Pour d’autres les tremblements apparaissent lors de l’arrêt brutal du médicament. Les facteurs qui augmentent le risque de tremblements d’origine médicamenteuse sont liés aux patients (dont l’âge ou la présence d’une affection à l’origine de tremblements) et aussi aux médicaments (dont la dose) indique Prescrire. Repérer l’origine médicamenteuse des tremblements amène les soignants à réévaluer la balance bénéfices/risques des médicaments concernés. Si leur arrêt est acceptable, il permet souvent la régression des troubles.
Surtout les psychotropes — De très nombreux médicaments exposent à des tremblements, surtout des psychotropes. Parmi eux, les neuroleptiques utilisés comme antipsychotiques, comme antiémétiques. Des antidépresseurs, le lithium, l’acide valproïque, les anticholinestérasiques causent des tremblements. Des substances sympathomimétiques exacerbent des tremblements physiologiques, dont les bronchodilatateurs bêta-2 stimulants. D’autres médicaments exposent à des tremblements liés à leur neurotoxicité, dont des immunodépresseurs. Médicaments de l’asthme ou de la BPCO : tremblements d’action de fine amplitude au niveau des extrémités — Les sympathomimétiques bêta-2 stimulants tels que le salbutamol utilisé comme bronchodilatateurs dans l’asthme ou la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) exposent à des tremblements d’action de fine amplitude au niveau des extrémités. La théophylline est une xanthine ayant des propriétés bronchodilatatrices. C’est un stimulant du système nerveux central. Elle expose à des tremblements d’action, qui sont parfois un signe de surdose. Des tremblements ont été rapportés avec le montélukast, un antileucotriène utilisé dans l’asthme et avec le roflumilast, un inhibiteur de la phosphodiestérase de type 4 utilisé dans la BPCO.
Médicaments du sevrage tabagique — Parmi les médicaments utilisés pour le sevrage tabagique, la bupropione (alias amfébutamone), un amphétaminique, expose à des tremblements d’action en rapport avec ses effets stimulants sur le système nerveux central. Elle a des effets sérotoninergiques. Des tremblements ont été rapportés aussi avec la varénicline, ou en cas d’intoxication par des substituts nicotiniques.

Tremblements d’origine médicamenteuse. Rev Prescrire 2017 ; 37 (408) : 750-6.


Nicolas Postel-Vinay

InfoRespiration N°142- Décembre  2017