Test Xpert MTB/RIF : attention aux faux positifs après un traitement antituberculeux !

 

Approuvée par l’OMS depuis 2010, la PCR automatisée Xpert MTB/RIF permet désormais en deux heures de faire un diagnostic rapide de tuberculose et de mutation éventuelle du gène rpoB associé à la résistance à la rifampicine. Cet outil autorise donc la mise sous traitement beaucoup plus rapide pour des patients dont l’examen direct est négatif, notamment dans les pays à ressource limitée, même si l’accès à cette technique reste très inégal et pose encore de nombreux problèmes. Comme le principe de cette PCR est bien évidemment de mettre en évidence de l’ADN de Mycobacterium tuberculosis, il est théoriquement possible que cet ADN persiste au fil du temps, par exemple à cause de bacilles morts présents dans les expectorations de patients traités, ce qui entraîne un risque théorique de faux positifs encore relativement peu identifié.

L’équipe de G. Theron, et al. (Le Cap, Afrique du Sud) s’est donc intéressée à ce problème en demandant à 260 patients avec test Xpert MTB/RIF positif au moment du diagnostic et ayant par la suite terminé leur traitement antituberculeux de produire des expectorations (spontanément ou de manière induite) sur lesquelles un nouveau test Xpert MTB/RIF et une culture ont été réalisés de manière systématique, en même temps qu’un examen clinique et une radiographie thoracique. Les patients avec Xpert MTB/RIF positif mais culture négative ont été ensuite adressés dans un centre hospitalier où d’autres prélèvements étaient effectués, incluant une fibroscopie bronchique.

Au total, sur les seize patients (6 %) avec Xpert MTB/RIF positif et culture négative adressés pour complément d’investigations 13 mois (IQR 5-21), après avoir terminé leur traitement antituberculeux, douze ont accepté d’avoir une fibroscopie bronchique. Les cultures sont bien restées négatives pour ces douze patients tandis que la moitié des nouveaux tests Xpert MTB/RIF réalisés sur le liquide de lavage bronchoalvéolaire se sont avérés positifs, sans que ces patients développent une tuberculose après un suivi supplémentaire d’au moins six mois. D’après les auteurs de ce travail, il existe donc de manière rare mais certaine quelques patients ayant un test Xpert MTB/RIF positif à l’issue de leur traitement antituberculeux sans que cela constitue un facteur péjoratif dans leur devenir. Cette notion de faux positifs à l’issue du traitement mérite d’être connue des cliniciens, même si elle reste finalement relativement peu fréquente (6/260 patients dans cette étude).


François-Xavier Blanc, CHU de Nantes, hôpital G. et R. Laënnec, Nantes

D’après la communication de Theron G. et al. Frequency and clinical profile of false positive Xpert MTB/RIF results in patients previously treated for tuberculosis. Am J Respir Crit Care Med 2017 ; 195 : A1171. Session A26 « Diagnosis and treatment of tuberculosis » du 21/05/2017.


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