Vers un dépistage systématique du cancer pulmonaire ?

Les résultats de l’essai NLST (National Lung Screening Trial) annoncés par le National Cancer Institute en novembre dernier font débat. Cet essai est le premier essai randomisé à comparer deux modalités de dépistage du cancer pulmonaire, soit par radiographie pulmonaire, soit par scanner thoracique à faible dose, réalisés une fois par an, trois ans de suite, avec un suivi de cinq ans minimum, sur une population cible à risque (fumeurs repentis ou actifs > 30 Pa, de 55 à 74 ans, exclusion des patients aux antécédents de cancer pulmonaire). Les nodules de plus de 4 mm faisaient l’objet d’un suivi et/ou d’investigations complémentaires. Plus de 50 000 patients ont été randomisés. L’objectif de l’essai, la mise en évidence d’une réduction de 20 % de la mortalité par cancer pulmonaire dans le bras « scanner » par rapport au bras « radio », a été atteint avant même la fin programmée du suivi (247 contre 309 décès/100 000 personnes-années,p = 0,004). Il s’agit donc du premier essai montrant de façon solide l’efficacité d’une politique de dépistage du cancer pulmonaire. Beaucoup de questions restent en suspens : quel est le rapport coût-efficacité d’une telle mesure étendue dans le temps ? Faut-il redéfinir et mieux préciser les patients « à risque » (patients BPCO) ? Quel est l’impact sur la santé d’un scanner annuel, même à faible dose ? Peut-on identifier de meilleurs critères de malignité des nodules détectés (utilisation des mesures volumétriques) ? Les résultats complets de l’étude, qui devraient paraître prochainement dans le New England Journal of Medicine, ceux du consortium d’études européennes en cours (notamment, l’étude NELSON) attendus pour l’année prochaine, ainsi que la création par l’International Association for Study on Lung Cancer d’une task force chargée d’émettre des recommandations sur l’application à large échelle du dépistage du cancer pulmonaire par scanner, devraient faire avancer ce débat.

 

 


 

Résumé rédigé par A. Cortot d’après la communication de D.R. Aberle, MD, Los Angeles, États-Unis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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