VNI en chronique dans la BPCO : un nouveau souffle !

L’utilisation de la VNI dans la BPCO est encore un sujet de controverse même si depuis 2014 et les travaux de Köhnlein (Köhnlein et al. Lancet Respir Med 2014), cette technique semble apporter un bénéfice en survie et en qualité de vie. L’étude de Struik (Struik et al. Thorax 2014) parue la même année et qui concerne des patients IRC sévères au sortir d’une exacerbation est quant à elle négative, ce qui entretient les discussions.

Un article est paru hier dans JAMA et a été discuté en session par l’auteur. Il s’agit d’une étude prospective, multicentrique portant sur 116 patients randomisés après une exacerbation sévère en 1 groupe O2 standard vs un groupe VNI + O2. Les patients concernés sont inclus entre 2 et 4 semaines après le retour à un pH normal mais avec persistance d’une hypercapnie significative au-delà de 53 mmHg. La VNI est réalisée avec de relativement hautes pressions (IPAP = 24 cmH2O en moyenne et EPAP = 4 cmH2O).

Les auteurs montrent un gain significatif sur le nombre de réhospitalisations pour EA (objectif primaire) sans différence de mortalité avec un délai médian de réhospitalisation de 4,3 mois vs 1,4 et une amélioration de la qualité de vie dans les 6 premiers mois. On peut déplorer quelques biais au premier rang desquels une sélection de la population (avec notamment l’élimination de patients ayant un syndrome d’apnée du sommeil « clinique » sans évaluation objective). Il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’une nouvelle étude positive dans cette population sous réserve d’une stratégie ventilatoire plus agressive que dans les premières études sur le sujet.


Sandrine Pontier-Marchandise, CHU Larrey, Toulouse

D’après  la communication de la session A2 : JAMA and the NEJM. Discussion on the edge : reports of recenty published pulmonary research et article de Murphy et al. JAMA 2017. http://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2627985


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