Zelicapavir : espoir d’un traitement anti-VRS ?

Le virus respiratoire syncytial (VRS) est responsable d’infections respiratoires potentiellement sévères chez les patients âgés et/ou avec comorbidités notamment cardiaques, respiratoires ou immunodépression. Plusieurs vaccins ont obtenu l’AMM mais ne sont pas encore réellement disponibles en pratique quotidienne ; il semble donc indispensable d’avoir des traitements anti-viraux notamment pour les patients les plus à risque de forme grave.

Le Zelicapavir est un inhibiteur de la protéine N bloquant la formation de nouveaux virions. Ayant obtenu des résultats intéressants lors des études pré-clinique et en phase 1, les résultats de la phase 2 ont été présentés. Il s’agit d’une étude randomisée en double aveugle contre placebo testant l’efficacité et la tolérance du Zelicapavir (1 cp/j pendant 5 jours). Les patients étaient inclus dans les 72 heures du début des symptômes avec une confirmation de l’infection à VRS par PCR. Les critères d’inclusion comprenaient également le fait d’avoir une comorbidité telle qu’une insuffisance cardiaque ou un asthme ou une BPCO ou d’être âgé de plus de 65 ans (au maximum 20% de la population ne devait avoir l’âge comme seul critère). Le critère de jugement principal était le temps de résolution des symptômes (RiiQTM symptom scale). Cent quatre-vingt-six patients ont été inclus : 121 dans le bras Zelicapavir et 65 dans le bras Placebo ; les groupes étaient comparables avec un âge médian à 73 ans, aucune vaccination anti-VRS à 99%. Le score médian des symptômes avant traitement était à 1,46 dans les 2 groupes. Aucune toxicité n’a été identifiée. Pour le critère principal, on note une amélioration de la résolution des symptômes de 3,6 jours dans le bras Zelicapavir versus placebo, ce délai étant même de 7,2 jours en ne considérant que les patients avec comorbidités (92 bras Zelicapavir et 50 bras Placebo). Cette réduction de délai de résolution des symptômes s’accompagne d’une réduction significative du risque d’hospitalisation (1,7% bras Zelicapavir versus 5% Bras Placebo). Cette efficacité clinique se confirme sur le plan virologique avec une baisse plus rapide de la charge virale (-0,7 log à J5 comparativement au bras Placebo) ; à la fin du traitement, 23% des patients du bras Zelicapavir avait une charge virale négative (versus 10% dans le bras Placebo).

Dans cette étude de phase 2, le Zelicapavir a donc démontré son efficacité sur la réduction de la durée des symptômes, le risque d’hospitalisation et la rapidité de déclin de la charge virale sans survenue d’effets indésirables comparativement au bras Placebo dans une population de patients infectés par le VRS à risque de forme grave. Ces données méritent bien évidemment d’être confirmées et validées en phase 3. Cette molécule poursuit donc son développement. A suivre…

D’après la communication orale de C. Harris. Zelicapavir reduces symptom duration and hospitalization in a randomized, double-blind, placebo-controlled, international, phase 2 trial. Session C96.

Retour en haut
SPLF-APPLI

GRATUIT
VOIR