Nous avons appris avec tristesse la disparition du Professeur Jean Migueres le 26 mars 2021 à presque 100 ans, entouré de sa famille et au terme d’une vie hors norme.

En effet, né à Alger en 1921, dernier né d’une fratrie de 9 enfants, il fut le seul à poursuivre un parcours scolaire puis universitaire brillant malgré les difficultés liées aux décisions honteuses du régime de Vichy d’exclure les étudiants juifs. Engagé en 1942 comme médecin auxiliaire dans l’armée d’Afrique, il participa au débarquement allié en Italie et à la bataille de Monte Cassino puis au débarquement de Provence et à la libération de Toulon et Marseille où il fut blessé au feu. Ce parcours lui valut la médaille militaire et la croix de guerre puis la nomination à titre militaire dans l’ordre de la légion d’honneur. Homme élégant, réservé et discret il n’évoquait que rarement cette période intense de sa vie.

Après avoir terminé ses études de médecine et son internat à Alger, il fut nommé Professeur de médecine en 1962 à l’aube du rapatriement en France Métropolitaine. Promu chef de service de Pneumologie/Allergologie à Toulouse en 1962, il occupera cette fonction jusqu’en 1990. A ce poste il contribua largement au rayonnement de la Pneumologie toulousaine et à l’émergence d’une riche école dans cette spécialité. Visionnaire, Il développa notamment l’allergologie dont il structura l’enseignement par la création d’abord d’un diplôme universitaire puis de la capacité nationale d’allergologie jetant ainsi les bases de la spécialité actuelle.  Il fut un pionnier de la recherche clinique dans l’asthme et se passionna pour les liens virus et asthme ainsi que pour l’asthme induit par l’aspirine, des domaines toujours d’actualité aujourd’hui. Il participa activement à la vie de la Société Française d’Allergologie et de la Société de Pneumologie de Langue Française dont il organisa avec succès le congrès à Toulouse en 1981.

La richesse de son enseignement, ses connaissances cliniques, sa disponibilité ont marqué ses nombreux élèves. Exigeant pour ses internes et ses collaborateurs il l’était avant tout pour lui-même, mais il était surtout juste et profondément honnête.  Sa curiosité était sans limite et si, après sa retraite, il continua à suivre avec intérêt l’évolution de la médecine, il pratiqua aussi avec talent la peinture et la sculpture qu’il avait découvertes et aimées pendant sa jeunesse. Jusqu’à ces derniers jours sa vivacité d’esprit et sa culture étaient source d’étonnement et d’admiration pour son entourage.

 La Société de Pneumologie de Langue Française adresse à son épouse, à ses enfants Patricia et Michel, pneumologue et membre éminent de notre Société savante, ainsi qu’à ces petits-enfants et à tous ses proches ses plus sincères condoléances. 

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