Les analogues du récepteur du GLP-1, un souffle nouveau pour les asthmatiques ?

Clairelyne Dupin, Paris

Quel bénéfice des analogues du récepteur du GLP-1 dans l’asthme, maladie inflammatoire influencée par les troubles métaboliques et le surpoids ?

Les agonistes du récepteur du peptide-1 similaire au glucagon (AR-GLP-1) sont de plus en plus utilisés dans la prise en charge de l’obésité et le diabète de type 2, avec des effets anti-inflammatoires et métaboliques potentiels allant au-delà du contrôle glycémique. Le récepteur du GLP-1 est exprimé significativement au niveau de l’épithelium et des cellules musculaires lisses bronchiques. Une pensée émergente questionne le bénéfice potentiel de ces traitements sur l’asthme, maladie inflammatoire influencée par les troubles métaboliques et le surpoids. Des équipes danoise et britannique ont présenté des travaux dans le cadre d’une session commune.

La première étude présentée est une analyse de cohorte à l’échelle nationale à partir des registres de santé danois. Dans cette étude, 27 523 adultes (âge moyen de 54 ans, 66 % de femmes), atteints d’asthme (identifié par codage CIM-10 J45/J46 ou délivrance ≥ 2 ordonnances de traitement inhalé au cours des 12 derniers mois) ont été inclus lors de la première délivrance d’un AR- GLP-1 (date d’index). Les personnes atteintes de BPCO ou sous traitements biologiques contre l’asthme au cours des 12 mois étaient exclues.

L’instauration d’un AR- GLP-1 était associée à une réduction du taux d’exacerbation d’asthme (IRR 0,74, IC à 95 % : 0,69–0,80). Les données étaient similaires dans les sous-groupes de patients en surpoids ou obèses (IRR 0,78) et celui des patients diabétiques de type 2 (IRR 0,74). Des réductions ont également été observées concernant l’utilisation de traitements de secours (IRR 0,86), l’exposition aux CSI (IRR 0,77), ainsi qu’une diminution de l’incidence de pneumonie (IRR 0,90).

Le second travail présenté a été mené par l’équipe de l’Imperial College de Londres, à partir des dossiers médicaux électroniques britanniques. Dans cette étude, 8266 patients asthmatiques / BPCO débutant un traitement par AR-GLP-1 ont été comparés à un groupe contrôle de 20 273 patients asthmatiques / BPCO débutant un traitement par sulfamides hypoglycémiants.

L’instauration du traitement par AR-GLP-1 était associée à une réduction de 14% d’exacerbations d’asthme / BPCO , plus important avec le semaglutide (30% de réduction) que l’exenatide (23%), le dulaglutide (12%). Il n’y avait pas d’association observée avec le liraglutide et le lixisenatide. Le taux d’exacerbation n’était pas influencé par l’âge, le statut tabagique, l’éosinophilie, l’IMC, l’HBA1c, la variation de poids pendant le traitement. En revanche, l’effet était plus important chez les asthmatiques (réduction de 38% du risque d’exacerbation) que chez les BPCO (réduction de 21%).

Ces études observationnelles délivrent un message similaire : les AR-GLP-1 entrainent une réduction du risque d’exacerbation d’asthme et de BPCO. Elles devront être complétées par des essais prospectifs randomisés contre placebo. Comme l’a conclu le Pr Arnaud Bourdin qui modérait la session, « the GLP1 story is just beginning ». Stay tuned !


D’après Oral Communications « Reimagining airway disease treatment: novel metabolic, regenerative and interventional therapies »
Présentations n° 5556 5561

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