Lunsekimig dans l’asthme modéré à sévère : résultats de l’essai AIRCULES

Clairelyne Dupin, Paris

Le blocage bispécifique de la TSLP et de l’IL-13 par un seul anticorps démontre son bénéfice contre placebo dans un essai multicentrique de phase II.

Le lunsekimig est un nouvel anticorps monoclonal et bispécifique bloquant simultanément la TSLP et l’IL-13, visant ainsi l’inflammation de type 2 et non-type 2. Il génère un espoir depuis quelques années et la présentation de son mécanisme bispécifique.  Les résultats de l’essai de phase II étaient donc un des moments les plus attendus de cet ERS pour la communauté des asthmologues.  

Dans AIRCULES, essai de phase II randomisé en double aveugle contrôlé contre placebo, avec recherche de dose, 685 adultes atteints d’asthme modéré à sévère non contrôlé ont été randomisés (critères d’inclusion : GINA 4–5, ≥1 exacerbation dans l’année, ACQ-5 ≥1,5, VEMS 40–80 %).

Quatre schémas de lunsekimig ont été comparés au placebo : 60 mg et 300 mg toutes les 4 semaines (Q4W), 300 mg toutes les 8 semaines (Q8W), et 60 mg Q8W (bras exploratoire).

Le critère principal était le taux annualisé d’exacerbations à 48 semaines et le critère secondaire principal la variation du VEMS pré-bronchodilatateur.

Cette étude est positive sur tous ses critères hiérarchisés avec l’effet le plus important observé à la dose de 300 mg Q4W. Ainsi vs placebo,  il était noté la réduction du taux annualisé d’exacerbations de 55,3 % (p=0,0016), un gain de VEMS pré-BD de 0,125 L (p=0,0183), rapide et soutenu jusqu’à la 48ème semaine, et un allongement du délai avant première exacerbation (réduction de risque de 39,9 (p=0,0483)). Le contrôle des symptômes (ACQ-5) et la qualité de vie (AQLQ) étaient également améliorés.

La réponse était plus marquée chez les patients exacerbateurs fréquents et présentant un phénotype inflammatoire de type 2 (FeNO élevée ou éosinophiles sanguins ≥300/µL), avec un bénéfice conservé dans tous les sous-groupes.

Le profil de tolérance était globalement comparable au placebo, sans décès survenu. Des événements indésirables graves sont survenus chez 6,4 % des patients sous lunsekimig contre 7,2 % sous placebo. Les anticorps anti-médicament, à titre généralement faible, n’ont pas eu d’impact sur l’efficacité ni sur la sécurité.

À la dose de 300 mg toutes les 4 semaines, le lunsekimig réduit significativement les exacerbations et améliore la fonction pulmonaire dans l’asthme modéré à sévère. Ces résultats soutiennent l’intérêt du double blocage TSLP/IL-13 dans l’asthme et doivent désormais être répliqués dans une phase III et comparés contre des biothérapies monospécifiques, afin de démontrer l’éventuel bénéfice additionnel.


D’après ALERT 2: Towards the golden age of respiratory science – Présentation n° 6575

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