Pour une augmentation de la démographie pneumologique.

Consulter un pneumologue lorsqu’on est atteint d’une maladie respiratoire en France : rêve ou réalité ?

Virginie Westeel1, Capucine Morelot-Panzini2, Claire Andréjak3

1Présidente de la Fédération française de pneumologie, service de pneumologie, CHU Besançon Franche-Comté.
2Présidente du Collège des enseignants de pneumologie, service de pneumologie, GHU APHP-Sorbonne Université.
3Présidente de la Société de pneumologie de langue française, service de Pneumologie, CHU Amiens Picardie.


Alors que, d’après la Cour des comptes, plus de 10 millions de personnes vivent avec une maladie
respiratoire chronique en France, le nombre de pneumologues, d’environ 3 000, est insuffisant. Il serait donc justifié d’augmenter le nombre d’internes de pneumologie… De premiers signaux encourageants ont été émis cette rentrée 2026.

Les difficultés d’accès aux soins et les inégalités territoriales concernent de nombreuses spécialités. Bien que la pneumologie soit moins touchée que certaines spécialités étiquetées « en tension », l’accès au pneumologue est néanmoins difficile dans certaines zones de notre territoire.

Plus de 10 millions de français vivent avec une maladie respiratoire chronique

En 2023, en France, 14 % des décès — soit près de 90 000 — étaient liés à une maladie respiratoire. Dans un rapport de mai 2024 sur la santé respiratoire, la Cour des comptes estimait que plus de 10 millions de personnes vivent avec une maladie respiratoire chronique en France [1]. Le rapport évoquait principalement l’asthme — 4 millions de personnes —, la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) — 3,5 millions de personnes diagnostiquées — et le cancer bronchopulmonaire — prévalence estimée à 170 000 cas par l’Institut national du cancer. Mais on pourrait ajouter une longue liste non limitative de pathologies telles que les pathologies interstitielles diffuses, les troubles du sommeil… Le rapport rappelait aussi que la prévalence des pathologies respiratoires est en augmentation, en raison principalement du tabagisme, du vieillissement de la population et des expositions environnementales.

Des pneumologues en nombre insuffisant et des projections défavorables

En 2025, la France comptait 3 053 pneumologues en activité. Depuis ces dix dernières années, le nombre de pneumologues est relativement stable, puisque nous étions
2 902 en 2015 mais les projections sont défavorables puisque 36 % des pneumologues actifs ont 55 ans et plus. La profession est quasiment paritaire (46 % de femmes) et 54 % sont salariés hospitaliers exclusifs.

Un nombre de postes d’internes de pneumologie qui ne suffira pas

En 2025, le nombre de postes d’internes ouverts en pneumologie était de 130, relativement stable si l’on compare aux 134 postes ouverts en 2015. Ces postes sont chaque année intégralement pourvus. En conséquence de la réforme du deuxième cycle des études médicales, le nombre global d’internes — et donc dans la plupart des spécialités — avait baissé en 2024. Le P11, qui regroupe l’ensemble des structures de la pneumologie, s’est engagé dans une démarche destinée à augmenter substantiellement le nombre de pneumologues formés en France au cours des prochaines années. Le nombre de postes d’internes en phase socle a augmenté à 156 pour novembre 2026. Cette augmentation de 20 %, supérieure à l’augmentation moyenne de 15 % toutes spécialités confondues est un bon début mais nécessitera d’être poursuivie pour satisfaire les besoins populationnels..

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