Réchauffement climatique et maladies respiratoires  

Grégory Reychler, Service de kinésithérapie et de pneumologie, Cliniques universitaires Saint-Luc, UCLouvain, Bruxelles

Cet exposé a traité de l’impact combiné du changement climatique, de la pollution atmosphérique et des fortes chaleurs sur la santé respiratoire, avec un focus particulier sur les villes.

L’urbanisation progresse rapidement avec plus de la moitié de la population mondiale vivant déjà en ville. Cette proportion pourrait atteindre 70 % d’ici quelques décennies. Les villes sont à la fois des moteurs de développement économique et des zones fortement exposées à la pollution de l’air.

La pollution atmosphérique constitue aujourd’hui l’un des principaux facteurs de risque pour la santé. Selon l’OMS, 99 % de la population mondiale respire un air considéré comme malsain. Elle est responsable de millions de décès chaque année et affecte particulièrement les populations d’Asie, d’Afrique et certaines régions d’Europe.

Les conséquences sur la santé respiratoire sont nombreuses : diminution de la fonction pulmonaire dès l’enfance, augmentation du risque d’asthme, de BPCO, d’infections respiratoires et de cancer du poumon. La pollution agit également sur les maladies cardiovasculaires, métaboliques et neurologiques.

Les villes sont également touchées par le phénomène d’îlot de chaleur urbain. En raison du béton, de l’asphalte, du trafic et du manque d’espaces verts, ils peuvent être de 5 à 10 °C plus chauds que les zones environnantes. Cette situation est aggravée par le réchauffement climatique, particulièrement marqué en Europe.

Les vagues de chaleur ont un impact majeur sur la santé respiratoire, notamment chez les personnes âgées, les enfants et les patients souffrant d’asthme ou de BPCO. Elles sont associées à des dizaines de milliers de décès chaque année en Europe, les causes respiratoires étant parmi les plus fréquentes.

Il existe un effet synergique entre chaleur et pollution atmosphérique, qui augmente encore la mortalité. L’augmentation des incendies de forêt, favorisés par la chaleur, ainsi que les fumées toxiques issues de déchets brûlés, aggravent la qualité de l’air.

Plusieurs solutions sont mises en avant : la réduction du trafic et des émissions polluantes, illustrée par les effets positifs des zones à faibles émissions à Londres sur la fonction pulmonaire des enfants, ainsi que la végétalisation des villes pour limiter les effets de la chaleur. La conclusion souligne que les villes peuvent devenir des acteurs clés de la lutte contre le changement climatique et de la protection de la santé publique


D’après l’exposé de Zorana Andersen.

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