VIH

BPCO et pneumopathie : une association de « malfaiteurs » chez les patients infectés par le VIH

Les patients infectés par le VIH ont un risque augmenté de BPCO et de complications infectieuses, y compris les pneumonies bactériennes. Trois études présentées aujourd’hui en session poster-discussion s’intéressaient à ces problématiques.

La performance de la procalcitonine (PCT) comme aide au diagnostic de pneumopathie est mal connue dans cette population. Tokman et al. ont mesuré la PCT à l’admission pour pneumopathie chez 99 patients infectés par le VIH (taux de CD4 moyen 119/mm3). Le diagnostic de pneumonie bactérienne était confirmé chez 8 patients et présumé chez 39. Un taux de PCT supérieur à 0,5ng/ml était associé à la confirmation microbiologique de la pneumonie (sensibilité 87,5%). En dessous de ce seuil, il n’y avait pas d’association avec le diagnostic final (présumé bactérien 39, pneumocystose 10, non-infectieux 5, divers 24). Le risque relatif d’admission en soins intensifs, d’intubation et de décès était augmenté significativement chez les malades ayant une PCT supérieure à 0,25 (RR 1,97 ; 1,68 et 2,25 respectivement).

Attia et al. se sont intéressés à l’augmentation du risque de pneumopathie infectieuse chez 41193 vétérans Américains BPCO vs non BPCO à l’ère des antirétroviraux. Après ajustement sur l’origine ethnique, l’insuffisance cardiaque et la consommation alcoolique, la BPCO était associée à une augmentation significative du risque de pneumopathie, avec un odds ratio de 1,97.

Depp et al. ont évalué le risque d’exacerbation aiguë de BPCO dans cette même cohorte de vétérans en comparant les patients infectés (n = 43615) ou non infectés par le VIH (n = 86492), comparables pour les autres caractéristiques (âge, sexe, groupe ethnique, statut tabagique, alcool, toxicomanie). L’infection par le VIH était associée de manière indépendante à une augmentation significative du risque d’exacerbation aiguë (IRR 1,26 et 2,61) lorsque le taux de CD4 était supérieur ou inférieur à 200/mm3 respectivement.

En conclusion, l’infection par le VIH semble être associée de manière indépendante à une augmentation du risque d’exacerbation de BPCO. La BPCO dans cette population augmente le risque de pneumopathie comme cela a déjà été rapporté en dehors de l’infection par le VIH. La PCT est moins performante pour le diagnostic de pneumopathie bactérienne chez les patients infectés par le VIH mais un seuil à 0,25 ng/ml permet d’identifier les patients à risque d’évolution sévère.

 

 

 

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Émilie Catherinot, d’après les communications de :
— S. Tokman et al. [Publication page : A2484] The prognostic and diagnostic utility of serum procalcitonin is low among hospitalized hiv-infected patients with pneumonia in the united states.
— E.F. Attia al. [Publication page : A2496] Association of copd with risk for community-acquired pneumonia in hiv-infected veterans.
— T.B. Depp al. [Publication page : A2489] HIV and risk for acute exacerbation of COPD Session B26 « HIV and the lung. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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© iSPLF – Mission ATS – MAI 2013

Une signature virale prédictive du risque d’hypertension pulmonaire (HP) liée au VIH

L’hypertension pulmonaire est une complication non infectieuse significative de l’infection VIH. Sa prévalence est de 0,2 à 0,5 % chez les patients VIH+, pour 0,0002 % en population générale. L’atteinte vasculaire pulmonaire peut être la conséquence de l’exposition aux protéines virales dans le poumon et de la dérégulation immunologique. HIV-1 Nef est une protéine virale exprimée dans le poumon dont les fonctions principales sont la diminution de l’expression de CD4 et du CMH de classe I. Dans un modèle macaque, les auteurs ont démontré que Nef est nécessaire au remodelage vasculaire dans le poumon. [1] L’étude présentée s’intéresse aux polymorphismes de Nef et à leur association, à l’existence ou non d’une HP. Les auteurs ont comparé les polymorphismes de Nef chez 20 patients VIH+ ayant une HP, sans facteur de risque surajouté d’HP, issus des registres nationaux français et italiens d’HP, et pour deux patients d’une cohorte de suivi pulmonaire longitudinal à San Francisco à 38 patients VIH+ sans HP enrôlé dans la même cohorte Californienne. Ils ont mis en évidence des polymorphismes de Nef associés au phénotype HP, la plupart de ces polymorphismes se situant dans le domaine fonctionnel de la protéine. La somme des polymorphismes était en moyenne de 1,4 dans le groupe HP- et de 3 dans le groupe HP+ (p = 0,0003).
Les polymorphismes de Nef mis en évidence dans les cellules mononucléées sanguines étaient retrouvés de manière quasiment identique dans le plasma analysé de manière contemporaine aux cellules mononucléées et dans le lavage bronchioloalvéolaire pour quatre des cinq patients explorés. En conclusion, des séquences signatures de Nef sont associées à l’HP ce qui peut avoir un intérêt pour l’identification des patients à risque d’HP.

 

[1] Marecki JC et coll. AJRCCM 2006.

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Résumé rédigé par E. Catherinot d’après la communication de S. Almodovar, San Francisco, États-Unis

 

 

 

 

 

 

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