Tarlatamab en accès précoce

Une avancée majeure dans la prise en soin des cancers à petites cellules

Vincent Fallet

Service d’oncologie thoracique, APHP Centre, Cochin/HEGP, Paris


Le paysage thérapeutique du cancer bronchique à petites cellules (CBPC) de stade étendu vient de connaître un tournant majeur. Depuis le 9 juillet, il est possible de faire une demande d’accès précoce pour le tarlatamab. Ce traitement s’adresse aux patients nécessitant un traitement systémique après progression de la maladie pendant ou après une première ligne par chimiothérapie à base de platine, et inéligibles à un nouveau traitement par platine. Cet article fait le point sur cette nouvelle immunothérapie, ses données d’efficacité et les modalités de gestion de son profil de tolérance spécifique.

Le tarlatamab est une molécule d’immunothérapie appartenant à la classe des BiTE (Bispecific T-cell Engager). Il représente une avancée majeure puisqu’il s’agit du premier BiTE approuvé pour une tumeur solide.
Cette molécule se lie simultanément à deux cibles distinctes :

  • Le DLL3 (Delta-like ligand 3) : une protéine fortement exprimée à la surface des cellules tumorales du CBPC (présente dans 75 % à 96 % des tumeurs).
  • Le CD3 : un récepteur situé à la surface des lymphocytes T endogènes du patient.

Ce pontage moléculaire rapproche physiquement les cellules T des cellules tumorales, déclenchant l’activation et la prolifération des lymphocytes T, ainsi que la libération de protéines cytotoxiques comme les perforines. Ce processus aboutit à la lyse en série et à l’apoptose des cellules tumorales ciblées (Figure 1).

La 1re étude de phase 3 positive en 2e ligne depuis plus de 20 ans

L’accès précoce s’appuie sur des résultats cliniques démontrant une supériorité nette par rapport aux standards historiques en 2e ligne (topotécan, lurbinectédine ou amrubicine).
Dans l’étude randomisée de phase 3 DeLL-phi-304 [1], le tarlatamab a démontré un bénéfice clinique majeur, marqué par une survie globale médiane qui atteint 13,6 mois avec le tarlatamab vs 8,3 mois sous chimiothérapie standard avec une réduction significative du risque de décès de 40 % (HR = 0,60, p < 0,001). L’efficacité se maintient dans le temps avec une médiane de durée de réponse de 6,9 mois. Cette efficacité clinique et ce bénéfice en survie globale se maintiennent de manière homogène chez tous les sous-groupes de patients, y compris chez ceux présentant un moins bon pronostic comme les patients réfractaires ou résistants aux sels de platine.

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