Efficacy of adalimumab in sarcoidosis patients who developed intolerance to infliximab

Crommelin et al. Respiratory Medicine, 2016;115:72-77

Par Fleur Cohen Aubart, Service de médecine interne, Institut e3m, Pitié-Salpêtrière, Paris

Nos collègues néerlandais, habitués des publications sur les antagonistes du TNF-alpha dans la sarcoïdose, ont observé dans leur cohorte de 142 patients ayant une sarcoïdose et traités par infliximab 18 cas (13%) d’ « intolérance » (réaction allergique ou effet indésirable, n=6) ou perte d’activité de l’infliximab en lien avec l’apparition d’anticorps anti-infliximab (n=12). Ces 18 patients ont été traités par adalimumab (120 milligrammes S0, 80 milligrammes à S1 puis 40 milligrammes par semaine). L’indication de l’anti-TNF alpha était principalement pulmonaire. Un peu curieusement, un patient était traité par antiTNF-alpha en raison d’une hypercalcémie, ce qui est assez inhabituel. Sous adalimumab, la capacité vitale des patients était globalement stable. Les effets indésirables étaient une réaction lupique nécessitant l’arrêt du traitement, 9 infections (2 pneumonies sévères nécessitant une hospitalisation et 7 infections modérées sans hospitalisation).

Commentaire du comité de lecture : comme toujours dans ces études rétrospectives sur la sarcoïdose, il est difficile de se faire une idée de l’efficacité compte tenu de l’hétérogénéité des patients et de l’absence de score d’activité validé. On manque de données précises sur les manifestations « d’intolérance » à l’infliximab. Cependant, l’adalimumab semble être une alternative à l’infliximab sur ces données, en cas d’intolérance à l’infliximab ou d’apparition d’anticorps anti-infliximab. Les effets indésirables infectieux ne sont pas rares, comme il est souvent rapporté sous anti-TNF-alpha.

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Beryllium-induced lung disease exhibits expression profiles similar to sarcoidosis

Li et al. European Respiratory Journal 2016;47 :1625-1628, editorial de Dan Culver.

Par Fleur Cohen Aubart, Service de médecine interne, Institut e3m, Pitié-Salpêtrière, Paris

La maladie pulmonaire liée à l’exposition au béryllium fut décrite pur la première fois dans les années 1930, lors des premières utilisations industrielles du béryllium, en particulier dans la fabrication de tubes à néons fluorescents. Le lien avec l’exposition au béryllium était alors controversé et on décrivit une épidémie de « sarcoïdoses » dans la ville de Salem, aux Etats-Unis chez les travailleurs d’une usine de fabrication d’ampoules fluorescentes. Malgré l’opposition du fabricant et du gouvernement américain, Madame Hardy réussit à établir le lien entre l’exposition au béryllium et la maladie granulomateuse mise en évidence chez 17 travailleurs de l’usine. Près d’un siècle plus tard, les atteintes pulmonaires de la sarcoïdose et de la maladie granulomateuse liée à l’exposition au béryllium ont des présentations tellement proches que certains utilisent l’expression de « sarcoïdose de cause connue » pour désigner la maladie granulomateuse liée à l’exposition au béryllium.

Dans leur article, Li et al. ont réalisé une analyse du transcriptome sur cellules mononucléées du sang circulant de 10 patients exposés au béryllium, 10 patients ayant une sensibilisation au béryllium, 10 patients avec une maladie granulomateuse associée à une exposition au béryllium et 10 prélèvements de cellules de contrôles sains stimulées avec du béryllium ou du milieu sans béryllium. Ils montrent que 450 gènes sont stimulés chez les patients ayant une maladie pulmonaire liée à l’exposition au béryllium, avec en particulier une stimulation de la voie JAK-STAT. Un traitement par inhibiteur de JAK2 diminuait significativement la production de TNF-alpha et IFN-gamma.

Commentaire du comité de lecture : cet article apporte un regard passionnant sur les maladies granulomateuses et les voies de signalisation. On regrette que les monocytes circulants n’aient pas été triés pour réaliser l’analyse transcriptomique.

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Can intermediate monocytes predict response to infliximab therapy in sarcoidosis ?

Hijdra et al. ERJ express, 2016 in press

Par Fleur Cohen Aubart, Service de médecine interne, Institut e3m, Pitié-Salpêtrière, Paris

Cet article est une lettre à l’éditeur de nos collègues néerlandais, toujours habitués comme on le constate des publications sur antagonistes du TNF-alpha et sarcoïdose.

La sarcoïdose est une histiocytose inflammatoire liée à l’accumulation de macrophages activés qui synthétisent du TNF-alpha en grande quantité. Ces macrophages activés dérivent des monocytes circulants et il a d’ailleurs été proposés de réaliser des aphérèses de monocytes et granulocytes pour traitement de la sarcoïdose (Olsen et al. Clin Exp immunol 2014). Dans cette étude, les monocytes circulants de patients ayant une sarcoïdose étaient analysés avant traitement par antiTNF-alpha et comparés à ceux de contrôles sains. Le nombre absolu de monocytes était augmenté chez les répondeurs à l’infliximab comparativement aux non-répondeurs, de même que le nombre de monocytes de phénotype « intermédiaire ». En cours de traitement par infliximab, les patients non répondeurs ont une augmentation de leur nombre total de monocytes et des monocytes intermédiaires.

Commentaire du comité de lecture : Cet article propose une façon simple de prédire l’efficacité d’un traitement par anti-TNF-alpha en regardant une simple formule sanguine. Cependant, les critères d’évaluation de l’efficacité de l’antiTNF-alpha ici restent contestables (comme souvent dans la sarcoïdose en l’absence de score d’activité validé). Il existe un chevauchement entre la valeur du nombre de monocytes chez les répondeurs et non répondeurs ce qui rend difficile son utilisation en routine. L’intérêt de l’article réside surtout dans l’étude des monocytes circulants comme potentiel précurseurs des macrophages activés des tissus, ce qui reste encore à ce stade non démontré.

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