


Louise Bondeelle,
Service de Pneumologie, Hôpitaux universitaires de Genève, Suisse
Présentés en Late Breaking Abstract au Congrès ERS 2026 de Barcelone, les résultats des études de phase 3 OBERON et TITANIA évaluant le tozorakimab dans la BPCO apportent des données particulièrement intéressantes sur le ciblage de l’axe IL-33.
Les exacerbations restent l’un des principaux enjeux de la prise en charge de la BPCO, en particulier chez les patients qui continuent à exacerber malgré un traitement inhalé optimisé, soit près de 50% d’entre eux.
Le tozorakimab est un anticorps monoclonal dirigé contre l’IL-33, cytokine impliquée dans les mécanismes inflammatoires des voies aériennes, l’hypersécrétion de mucus et le remodelage épithélial.
Cette approche est intéressante car elle ne repose pas uniquement sur la présence d’une inflammation éosinophilique.
Les deux essais, randomisés, en double aveugle et contrôlés versus placebo, ont inclus des patients ≥40 ans, fumeurs actifs et ex-fumeurs présentant une BPCO avec des antécédents d’exacerbations, majoritairement sous trithérapie inhalée. Le traitement était administré à la dose de 300 mg par voie sous-cutanée toutes les 4 semaines, en association au traitement de fond.
Le critère principal était le taux annualisé d’exacerbations modérées à sévères chez les anciens fumeurs. Dans OBERON, le taux était réduit de 29 % par rapport au placebo (RR 0,71 ; IC95 % 0,57–0,88 ; p=0,002), tandis que TITANIA retrouvait une réduction de 34 % (RR 0,66 ; IC95 % 0,55–0,80 ; p<0,001). Dans la population globale, les résultats étaient concordants : réduction de 30 % dans OBERON (RR 0,70 ; p<0,001) et de 29 % dans TITANIA (RR 0,71 ; p<0,001).
Ces résultats, obtenus dans une population de BPCO exacerbateurs bien traités, semblent confirmer la pertinence clinique du blocage de l’IL-33, au-delà des approches ciblant spécifiquement l’inflammation de type 2.
Dans ces deux études de phase 3 indépendantes, le Tozorakimab permet une réduction d’environ 30 % des exacerbations modérées/sévères et cela indépendamment de la sévérité de la BPCO et indépendamment du taux sanguin d’éosinophiles. Ces données positionnent l’axe IL-33 comme une piste thérapeutique majeure et potentiellement une nouvelle approche biologique de prévention des exacerbations de BPCO.
D’après la Session Session ALERT2 – Modérateurs : J Chalmers A Barczyk D Tachmann – Orateur : F Sciurba



