Environnement intérieur, impact carbone des inhalateurs et conséquences respiratoires du changement climatique

Cette session a développé les liens entre environnement intérieur, extérieur et santé respiratoire

Environnement intérieur : bougies parfumées, huiles essentielles
Les huiles essentielles et les bougies parfumées ont connu une explosion des ventes depuis la pandémie COVID-19.
La composition des bougies est variée. Les parfums peuvent être de synthèse ou à base d’huiles essentielles. Les polluants émis sont de deux types : les composés organiques volatiles (COV) et les gaz issus du processus de combustion. Les COV sont responsables d’une irritation des muqueuses et du système respiratoire, et certains sont cancérigènes, comme le formaldéhyde et le benzène.
Les bougies avec colorants émettent davantage de formaldéhyde lors de la combustion, et celles à base de paraffine libèrent plus de benzène et de toluène. On observe par ailleurs une augmentation des particules fines PM2,5 et des particules ultrafines PM1.
Les particules fines PM2,5 sont impliquées dans l’inflammation chronique (IL-17, IL-22, modifications épigénétiques), les exacerbations d’asthme et de BPCO, mais également dans les infections respiratoires et la survenue de cancer pulmonaire.

L’utilisation d’huiles essentielles expose à des substances cancérigènes, avec émission de limonène lors de leur pulvérisation en spray, et de terpinoïdes lors de l’utilisation de diffuseurs électriques. L’usage d’un diffuseur pendant plus de 4 heures par jour est associé à une baisse du DEP et favorise la survenue de symptômes d’asthme.

En conclusion, l’aération régulière des pièces intérieures est préférable à l’usage de ces produits, en particulier en présence de personnes asthmatiques ou de femmes enceintes.

D’après la communication Khadidia OUATTARA, Mali

Impact carbone des inhalateurs
Le secteur de la santé représente 4,4 % de l’empreinte carbone mondiale. En France, ce chiffre atteint 10 %, dont 3 % sont liés aux inhalateurs, soit 0,03 % des émissions totales.
Les aérosols doseurs pressurisés, qui représentent 30 % des dispositifs vendus, sont à l’origine de 90 % des émissions. La Ventoline est le médicament le plus polluant. Le gaz le plus nocif est le HFA, en particulier le HFA-134a, dont le pouvoir de réchauffement est mille fois supérieur à celui du CO₂. Deux bouffées de HFA équivalent à un trajet de 2 km en voiture.
Cette pollution est en partie liée à la surconsommation de Ventoline et à sa surprescription, notamment en ville et par les médecins généralistes.
Un changement vers un système à poudre, sans perte du contrôle de l’asthme, permet de réduire de 50 % l’empreinte carbone.
Des gaz moins polluants, comme le HFO-1234ze, sont actuellement à l’étude.

D’après la communication de Bouchra LAMIA, France

Changement climatique et conséquences respiratoires
Le changement climatique est déjà engagé avec une augmentation de la température moyenne de 1,28 °C et une hausse de 100 ppm du CO₂ atmosphérique. L’OMS prévoit 250 000 décès supplémentaires par an à partir de 2030. L’impact sur la santé sera marqué par d’importantes disparités géographiques. La résilience des systèmes de santé est différente selon les pays.

On observe une augmentation de la pollution avec effet des particules fines sur la santé respiratoire mais pas seulement. Les décès attribuables à la pollution sont dus au 2/3 à des causes cardiovasculaires. La surface brûlée par les feux de forêt est en augmentation, et les particules fines émises peuvent voyager d’un continent à l’autre. Les tempêtes de sable et de poussière représentent également une source majeure de pollution, avec 25 % des émissions de poussières liées aux activités humaines (déforestation, dégradation des sols).

L’augmentation des particules fines PM2,5 aux États-Unis a été corrélée à une hausse de la mortalité toutes causes confondues. Elles aggravent les symptômes respiratoires et augmentent le risque de développer un asthme ou une BPCO. L’élévation de l’ozone atmosphérique majore également les symptômes d’asthme et renforce la réactivité aux allergènes.

Le changement climatique entraîne par ailleurs une augmentation de l’exposition aux pollens (modification de la végétation, allongement de la saison pollinique, hausse de l’antigénicité du pollen) et aux moisissures.

D’après la communication de Didier CATALDO, Belgique


Sylvain Neveu,  Service de Pneumologie, CHU de la Guadeloupe

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