Mercredi 24 juin de 19h à 21h Modération : Xavier Blanc – Claire Andrejak • Jonathan Benzaquen : “Progrès dans le diagnostic précoce des cancers bronchiques” • Xavier Blanc : “Asthme de l’adulte : de nouveaux espoirs thérapeutiques ?“ • Athénaïs Boucly : “Sotatercept dans l’HTAP: quelle place en 2026?“ • Pierre-Yves Brillet : “La radiologie se signale à l’ATS 2026” • Lou Duclau : “Actualités en transplantation pulmonaire“ • Marina Gueçamburu : “Concept de stabilité dans la BPCO” • Thomas Villeneuve : “Actualités thérapeutiques dans les fibroses pulmonaires”
Jeudi 2 juillet de 19h à 21h Modération : Anh-Tuan Dinh-Xuan – Christophe Girault • Anh-Tuan Dinh-Xuan : “VAD : microprocesseurs du souffle”. • Marjolaine Georges : “BPCO : ville ou campagne ?” • Julie Mazenq : “Asthme de l’enfant : préserver le souffle de demain” • Sandrine Pontier : “Haut débit et hypercapnie” •Yiannis Psonka : “Tabacologie, quelles nouvelles molécules ?“ • Frédéric Rivière : « VRS : Optimisation de l’adhésion vaccinale en vraie vie et espoir de traitement…
Comme chaque année les rédacteurs d’Info Respiration de la Mission ERS 2026 publieront chaque jour un résumés des communications qu’ils auront suivi pour vous.
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Dans le contexte de l’épidémie mondiale d’obésité, le syndrome obésité-hypoventilation (SOH) est une cause fréquente d’insuffisance respiratoire. Les décompensations hypercapniques répétées exposent ces patients à de fréquentes réhospitalisations, mais les facteurs prédictifs de récidive restent encore mal identifiés. Mieux les comprendre est essentiel pour optimiser la prise en charge des patients SOH.
À partir du réseau de données TriNetX, les auteurs ont analysé les trajectoires de 3120 patients (âge moyen : 57 ± 11 ans, 61% de femmes, IMC moyen : 43 kg/m²) hospitalisés entre 2015 et 2024 pour insuffisance respiratoire aiguë hypercapnique compliquant un SOH. Le taux de réadmission à 30 jours pour une récidive d’insuffisance respiratoire aiguë hypercapnique atteignait 22%. L’analyse multivariée retrouvait comme facteurs prédictifs de réhospitalisation l’absence de consultation spécialisée du sommeil dans les deux semaines suivant la sortie (OR : 2,1 ; IC 95% : 1,6-2,8), l’insuffisance cardiaque chronique (OR : 1,7 ; IC 95% : 1,3-2,2), l’insuffisance rénale chronique (OR : 1,5 ; IC 95% : 1,1-2,0) mais aussi l’absence de prescription de ventilation non invasive au domicile (OR : 1,8 ; IC 95% : 1,4-2,3). À l’inverse, les patients bénéficiant à la fois d’une VNI au domicile et d’un suivi précoce en consultation spécialisée présentaient des taux significativement plus faibles de réadmission (12 vs. 28%, p<0,001) et de mortalité à 90 jours (3,5 vs. 7,8%, p=0,02).
Ces résultats plaident en faveur de parcours de soins structurés après une hospitalisation pour décompensation hypercapnique d’un SOH. Ils soulignent l’importance d’une coordination précoce entre réanimation et pneumologie pour une optimisation de la VNI de domicile et une réévaluation programmée des anomalies respiratoires nocturnes. Il faut également souligner la gravité particulière des comorbidités cardiaques et rénales, qui doivent être prises en charge parallèlement.
Marjolaine Georges, service de Pneumologie et Soins Intensifs Respiratoires, Centre de Référence Constitutif des Maladies Pulmonaires Rares de l’Adulte, CHU Dijon Bourgogne, 21079 Dijon cedex
D’après PughazhendiI et al. Predictors of hypercapnia-related readmission in obesity hypoventilation syndrome: a multi-center real-world analysis using the TrinetX Network. Session D22 : From screening to survival: unequal paths in pulmonary care.
La maladie chronique du greffon contre l’hôte (cGVHD) est une complication post allogreffe de cellules souches hématopoïétiques (ACSH) atteignant plus fréquemment la peau et le tube digestif. Le syndrome de bronchiolite oblitérante (BOS) est la seule entité nosologique pulmonaire reconnue par le NIH comme étant de la cGVHD avec une morbi-mortalité majeure. Le traitement de la cGVHD en général et de la BOS en particulier est une problématique non encore résolue…
Nous rapportons les résultats d’une étude de phase 1b/2a 1 évaluant le rovadicitinib (TQ05105), nouvel inhibiteur oral double ciblant les Janus kinases 1/2 et les protéines kinases 1/2 associées à Rho (ROCK-1/2), destiné à traiter les composantes inflammatoires et fibrosantes de la cGVHD. Il s’agit ici d’une étude multicentrique, ouverte, ayant recruté des patients atteints de cGVHD modérée ou sévère, réfractaire aux glucocorticoïdes ou corticodépendante, afin d’évaluer la sécurité et l’efficacité du rovadicitinib. Les critères principaux comprenaient la sécurité et l’évaluation de la dose. La meilleure réponse globale constituait le critère d’évaluation secondaire. Au total, 44 patients ont été randomisés. Le rovadicitinib a été bien toléré, sans différence de toxicité pour les 2 doses évaluées et aucun événement indésirable n’a entraîné d’arrêt du traitement. L’effet indésirable le plus fréquent était hématologique avec une anémie dans 38,6 %. Le taux de réponse globale (partielle et complète) tous organes confondus était de 86,4 %, sans différence entre les deux groupes de dosage. Les atteintes digestives basses (90%), hépatiques (100%) et dans une moindre mesure cutanées (65%) ont le plus bénéficié de cette molécule.
Concernant le poumon, 26 patients randomisés avaient une BOS évaluée sur le NIH lung symptom score (les résultats d’EFR à l’inclusion n’étaient pas précisés). Aucun patient ne semble avoir été inclus spécifiquement pour la BOS, qui était associée à une autre atteinte d’organe justifiant l’inclusion. Les résultats sont beaucoup moins enthousiasmants avec un taux de réponse partielle à 23,1% (aucune réponse complète) évaluée sur une amélioration du lung symptom score du consensus NIH de 2014. Sur le plan fonctionnel, les auteurs rapportent que pour les 6 patients considérés en réponse partielle était retrouvée une amélioration médiane du VEMS de 12,2 %.
Parmi les stratégies immunosuppressives, comme le belumosudil ou l’axatilimab, le rovadicitinib ne semble pas apporter d’effets bénéfiques majeurs pour le traitement de la BOS post ACSH d’après les données de cette étude de phase 1/2. La phase 3 devrait permettre d’avoir une idée plus précise de l’intérêt ou non du rovadicitinib dans le traitement de la BOS post ACSH. A suivre donc…
Frédéric Rivière, service de Pneumologie, oncologie thoracique et soins intensifs respiratoires, CHU Caen-Normandie, avenue Côte de Nacre, 14000 Caen
D’après la communication orale de Davies S. BOS post HCST. Session D6 (Meet the BOS: phenotypes and pathways in bronchiolitis obliterans syndrome).
Dans la session consacrée aux actualités en tabacologie, Adam Edward Lang (Altoona, Etats-Unis) a fait le point sur les études évaluant des pratiques auxquelles nous sommes parfois peu habitués : l’association des traitements d’aide au sevrage tabagique entre eux.
La combinaison varénicline et patchs de nicotine, contre-intuitive sur le plan pharmacologique, semble plus efficace selon la dernière méta-analyse publiée, avec un risque relatif (comparativement à la varénicline seule) de sevrage sur le long terme (à au moins 3 mois) de 1,33 (IC 95 % : 1,04-1,69) au prix d’une tolérance cutanée moindre 1. L’ATS recommande sous conditions cette association chez certains patients 2. Combiner varénicline et bupropion semble avoir un certain bénéfice à court terme, sans que cela ne persiste à 12 mois selon une méta-analyse de 2019, le RR passant de 1,23 (p=0,033) à 1,13 (p=0,305), avec de meilleurs résultats toutefois chez les fumeurs les plus dépendants 3. La dernière revue Cochrane concluait dans le même sens, en l’absence de bénéfice au-delà de 6 mois, et avec des effets indésirables majorés 4
Yiannis Psonka, unité de Tabacologie, Institut Cœur Poumon, CHU de Lille, Boulevard du Pr Jules Leclercq, 59037 Lille
D’après la communication de AE. Lang : ‘I Just Can’t Quit’: Approaching tobacco treatment for challenging populations (session D3)