Dupilumab ou omalizumab ? La première comparaison directe dans la polypose nasale sévère avec asthme

La polypose nasale sévère est fréquemment associée à un asthme, dans un contexte dominé par l’inflammation de type 2. Deux biothérapies, dupilumab et omalizumab, étaient disponibles, mais aucune comparaison directe n’avait été menée avant l’essai EVEREST.

Une étude inédite

La rhinosinusite chronique avec polypes nasaux entraîne perte de l’odorat, congestion nasale et altération majeure de la qualité de vie. Jusqu’à 67 % des patients présentent un asthme associé, aggravant la sévérité et le recours à la corticothérapie.

L’essai EVEREST (phase 4, randomisé, multicentrique, double aveugle) a inclus 360 adultes présentant un score de polypose élevé et un asthme insuffisamment contrôlé. Pendant 24 semaines, ils ont reçu soit du dupilumab toutes les deux semaines, soit de l’omalizumab selon le schéma autorisé, en association à une corticothérapie nasale. Les critères principaux étaient l’évolution du score de polypose et de la fonction olfactive.

Round 1: avantage au dupilumab

Parmi les 181 patients sous dupilumab et les 179 sous omalizumab, les caractéristiques de base étaient comparables (âge moyen 52 ans, 59 % d’hommes, 80 % opérés auparavant).

Le score de polypose nasale diminuait dans les deux groupes, mais davantage avec le dupilumab (–2,65 vs –1,05). L’amélioration de l’odorat (différence entres les deux biothérapies de 8,0 points) était également plus marquée, avec un effet visible dès la semaine 4. Le dupilumab montrait aussi une supériorité sur la congestion nasale (–0,58) et la perte d’odorat (–0,81).

Concernant l’asthme, les résultats à 24 semaines étaient meilleurs avec le dupilumab en comparaison avec l’omalizumab : VEMS pré-bronchodilatateur (+0,15), score ACQ-7 (–0,48) et qualité de vie AQLQ (+0,56). Là encore, les différences apparaissaient dès la semaine 4.

La tolérance était comparable, avec des effets indésirables le plus souvent bénins (céphalées, rhinopharyngite, toux) et aucun décès.

Et les perspectives ?

Cette première comparaison directe soulève cependant des questions : rôle du phénotype d’asthme, moment de son apparition, poids de l’asthme allergique ?

EVEREST restera-t-il une exception ou inaugure-t-il une série d’essais comparatifs “head to head” appelés à redéfinir la place des biothérapies ?

Camille Rolland-Debord, service de pneumologie, CHU Clermont-Ferrand.


D’après la communication Efficacy and Safety of Dupilumab (DUP) vs Omalizumab (OMA) in Chronic Rhinosinusitis with Nasal Polyps (CRSwNP) with Asthma (EVEREST study) Enrico Marco Heffler (Italy)

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